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Revue : Apprendre le Rétablissement

le 5 mars 2018

Le questionnement complexe, intime et dense, ambivalent et critique, que les personnes directement concernées entretiennent avec le rétablissement est d’une autre nature. Son attractivité actuelle, mobilisant quasi tous les acteurs présents dans le champ de la santé mentale (soignants, intervenants sociaux, personnes concernées, familles, chercheurs, médias…) doit être  restituée au sein d’une famille de concepts en voie de globalisation, ayant pour finalité commune d’articuler cure  et care , autonomie et dépendance, vulnérabilité et capacités.  

Si le terme est adopté par Jean-François Krzyzaniak, membre du Conseil National de Santé Mentale, pour témoigner d’un parcours de vie lui permettant de différencier guérir et se rétablir, il est remarquablement discuté - et discutable - pour Caroline Christiansen : « J’ai fini par être totalement libérée du diagnostic », écrit-elle. Elle établit en mots et en silences une partition sur « l’épaisseur de la vie et de ses manifestations », incompatible avec toute fermeture diagnostique. En vis-à-vis de la psychiatrisation des phénomènes perçus, on retrouve ce souhait de ne pas être assigné à une pathologie dans l’expérience du groupe « Sensorialités Multiples », présenté par Vanessa Evrard, membre co-fondatrice du Collectif,  qui s’est créé dans la filiation des Entendeurs de voix. Ce groupe expérimente différentes stratégies partagées collectivement sans finalité thérapeutique (méditation, poésie, écriture) « qui permettent à chacun d’aller mieux ». Sur un registre plus politique, Stéphanie Wooley, militante engagée dans diverses associations d’usagers, mobilise le rétablissement comme une arme de justice sociale dont la finalité devrait être prioritairement l’autodétermination et non la gestion des symptômes. Elle relaie les analyses critiques d’un groupe d’ex-usagers nommé « recovery in the bin  », qui, face à la « dilution du concept et à ses effets pervers », se disent prêts, s’il ne sert plus leur quête d’autonomie, à jeter le rétablissement à la poubelle.

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