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Article : Médicaments contrefaits, un crime mondial

le 13 avril 2016

[The Conversation] Chaque année, 800 000 personnes meurent d’avoir pris un médicament falsifié. 10 % de médicaments contrefaits  au niveau mondial, jusqu’à 60 % et plus dans les pays les plus pauvres, une rentabilité 20 à 45 fois supérieure au trafic de drogue : il est temps de prendre conscience que l’internationalisation des médicaments falsifiés, via Internet, n’épargne plus aucun pays dans le monde. Y compris la France, malgré un contrôle exemplaire de la qualité de la chaîne du médicament par les pharmaciens.

L’absence de moyens réellement contraignants favorise le trafic. C’est la raison pour laquelle le Conseil de l’Europe a, dès 2011, rédigé la convention Médicrime , « ouverte à tous les signataires du monde » pour tenter de combler les carences dans le domaine de la répression. Le 12 mai prochain, un vote à l’Assemblée nationale devrait enfin permettre la ratification par la France de cette Convention.

Ce sera l’aboutissement d’un long parcours législatif entamé le 5 janvier 2015 avec la présentation du projet de loi par le gouvernement et sa ratification par le Sénat, le 17 décembre dernier. La France sera ainsi le sixième pays après l’Espagne, la Hongrie, la Moldavie, l’Ukraine et la Guinée à pouvoir ériger en infraction pénale la fabrication, la fourniture, son offre et le trafic de produits médicaux contrefaits, la falsification de documents et la fabrication ou la fourniture non autorisée de produits médicaux et la commercialisation de dispositifs médicaux ne remplissant pas les exigences de conformité.

Le Conseil de l’Europe a voulu ainsi combler l’absence d’instrument international spécifique de lutte contre les produits médicaux falsifiés. Espérons que cette ratification par la France, après l’Espagne, incitera d’autres grandes nations, en Europe et dans le monde, à prendre conscience de l’urgence à agir contre ce fléau menaçant la santé, mais aussi la sécurité publique.

Source The Conversation