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Belgique : La Devinière, un centre de psychothérapie unique

le 19 octobre 2016

[Alter Echos] La Devinière est un centre unique de psychothérapie institutionnelle. Patients et équipe éducative y cohabitent  en prenant en compte les besoins et envies de chacun.  L’objectif pour les résidents n’est ni le progrès ni la performance,  et certainement pas la guérison. Leur ambition est bien plus  dingue : être heureux. Quoi de plus normal  ?

«La Devinière» existe depuis 40 ans. Mieux qu’un asile, plus qu’un hôpital, l’institution  accueille 26 personnes et une équipe éducative.  Cette communauté cohabite en bonne entente,   entre cris, rires et folies. 

Juste à côté de la Devinière siégeait au n°85  le Lions Club International du coin. De temps  à autre, ils avaient déjà soutenu leurs voisins  dans leurs déboires financiers. En face de la  Devinière, un zoning d’activités économiques a  pris place. Les voitures déferlent sur la nationale. L’environnement a bien changé en 40 ans  et, pour la sécurité des «  gosses  », comme  on appelle les résidents, une barrière avec  un code digital a été placée à l’entrée. Jean- Claude a le code, ainsi que Laetitia ou Philippe.  Ils sont libres de leurs allées et venues. Ces  trois « gosses » sont présents dans le centre de psychothérapie institutionnelle depuis des  dizaines d’années. Ils y ont été accueillis, ils  y ont grandi. La Devinière a été fondée par Michel Hock en 1976 à Farciennes.

À cette époque, Michel Hock travaillait au  ministère de la Justice à Châtelet. Un poste  d’observation pour poser le constat qu’il n’y a  pas d’endroit spécifique pour les enfants psychotiques. C’est soit l’hôpital psychiatrique et  l’enfermement (chimique et/ou physique), soit  ils rentrent chez eux. Michel Hock a cherché  une alternative, ne l’a pas trouvée, alors l’a  créée. Juste pour ces gosses. La Devinière n’est pas là pour sauver l’humanité.  « Elle n’est même pas là pour sauver 25 personnes. C’est  simplement pour voir si ça marchait, prouver qu’il  y avait moyen de faire autrement.  »  Quarante ans plus tard, le parcours a été  sinueux mais la réponse claque : il y a moyen  de faire autrement.

Autrement que quoi  ?  Autrement qu’un hôpital qui dicte sa loi, son  rythme, sa médication. Autrement qu’une institution qui s’organise autour de ses propres  besoins, plutôt qu’autour des besoins de ses  résidents.  Cet «  autrement  » a été pensé à la sortie de  la Seconde Guerre mondiale. Des dizaines de  milliers de personnes sont mortes de faim  dans les hôpitaux psychiatriques. Le parallèle  avec les camps est inévitable. La violence de  l’institut psychiatrique, avec une organisation  très hiérarchisée, effraie. De ce constat naît  « la psychothérapie institutionnelle ». Elle  remet la relation entre soignants et soignés  au cœur du soin et considère que l’organisation des soins est le premier moyen thérapeutique dont dispose l’hôpital psychiatrique. Ces principes sont résumés en une phrase  : «  Il faut  soigner l’hôpital psychiatrique. » A contrario,  quand un système, une organisation est totalitaire, hiérarchisée, fermée, les soins seraient  de la même veine, du gardiennage amélioré

Source Alter Echos