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Belgique : Psy 107 "des lieux à haute température institutionnelle"

le 22 juillet 2015

[CBCS] Pour la plupart des gens, la réforme Psy 107 reste un projet, disons... nébuleux. C’est bien là le nœud du problème, s’exclame L’Autre « lieu » ! D’abord très enthousiaste, l’asbl a peu à peu déchanté : « la réforme reste centrée sur une logique hospitalière alors qu’elle est censée se déployer dans les milieux de vie », résume Aurélie Ehx, chargée de projet au sein de l’association. Interview et éclairages sur la réforme et ses équipes mobiles, à travers un certain regard critique.

BIS+ : Pour L’Autre Lieu que signifie cette réforme ?

Au départ, on ne peut pas s’empêcher de penser au mot "réforme" ; ça n’est pas n’importe quel mot ! Appliqué au champ de la santé mentale, on a envie de se dire que c’est une opportunité de désinstitutionnalisation qui pointe le bout de son nez. Malheureusement, la « réforme » à laquelle on est en train d’assister s’est finalement plus orientée vers un simple processus de déshospitalisation…Au départ des fonctions et des différents projets 107 semble se recréer une sorte de circuit standardisé de soins dans lequel on reproduit des lieux à haute température institutionnelle. Pour nous, cette réforme est une phase d’un processus qui cherche à faire en sorte qu’il y ait des institutions pour prendre soin des gens dans le milieu de vie. C’est intéressant. Mais la transformation, par rapport à ce qui pourrait être réalisé ou inventé reste assez faible. Il y a toujours une dominance énorme de l’hôpital psychiatrique. Il suffit de se pencher sur l’aspect budgétaire : tous les moyens financiers (et donc aussi humains) sont mis du côté de l’hôpital. Quoi qu’on en dise, cela se répercute directement sur les manières de faire et de penser, pas seulement au niveau des professionnels de la santé mentale, mais aussi au niveau du public.

Source CBCS