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Canada : Attendre des années pour voir un psychiatre

le 14 juin 2017

[Radio Canada] À Terre-Neuve-et-Labrador, cela peut prendre des années avant d'obtenir un rendez-vous avec un psychiatre. L'agence de santé reconnaît le problème, mais explique qu'il est causé entre autres par un manque de ressources.

La Régie de santé de l’ouest de Terre-Neuve affirme qu’il n’est pas rare pour les patients de devoir attendre plusieurs mois, voire des années, pour obtenir des services en psychiatrie.

Le Dr Dennis Rashleigh, vice-président des services médicaux à la Régie, confirme que plus de 1000 personnes, adultes et enfants, attendent présentement pour voir un psychiatre.

« Si c’était moi, mes proches ou ma famille, je serais bouleversé par la situation et je ne trouverais pas la situation acceptable. À la Régie, nous ne trouvons pas cela acceptable non plus », affirme le Dr Rashleigh.

Le problème, explique ce dernier, c’est que près de la moitié des gens ne se présentent pas à leur rendez-vous et voient leur nom ajouté à la liste.

À cela s’ajoute que, pour fonctionner adéquatement, la Régie a besoin de huit psychiatres, alors qu’elle n’en a que quatre, malgré les efforts faits pour en recruter davantage.

« Je trouve la situation inquiétante parce que quand on a une telle liste, on se demande s’il n’y a pas des gens qui auraient besoin d’être vus immédiatement », dit le vice-président.

La Régie de santé envisage également d’autres pistes afin de résoudre les problèmes, telles que de diriger les patients vers des conseillers, psychologues et médecins de famille.

Un rendez-vous trois ans et un diplôme plus tard

Tayler Carroll, une jeune femme de 20 ans de Stephenville, avait environ 17 ans lorsqu’elle a été envoyée chez un psychiatre. Elle était en 11e année à l’époque et souffrait d’anxiété, de dépression et avait des idées suicidaires.

Tayler a cependant dû attendre jusqu’au printemps dernier - elle avait alors 20 ans - après avoir terminé ses études secondaires et des études collégiales, pour voir un spécialiste. Ce qui la dérange le plus, c’est d’envisager à quoi ressemblerait sa vie si elle avait obtenu ce rendez-vous plus tôt.

Source Radio Canada