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Canada : Une grande réflexion sur la santé mentale des policiers

le 2 mars 2017

[Radio Canada] Quelque 200 policiers, chercheurs et intervenants en santé mentale de tout le pays se réunissent à Gatineau, ces jours-ci, pour une conférence sur les problèmes de santé mentale auxquels sont exposés les policiers.

L'activité servira notamment à établir un plan d'action pour trouver des solutions pour la prévention des problèmes de santé mentale, leur traitement, ainsi que le rétablissement des membres du personnel policier qui en souffrent.

Des programmes sont déjà en place pour venir en aide aux policiers, mais les corps de police veulent notamment s’assurer que ceux-ci sont adéquats, tout en en développant de nouveaux.

Témoins de tragédies au quotidien

Pour le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Mario Harel, les policiers qui interviennent lors d’événements d’envergure, comme la fusillade au parlement d’Ottawa en 2014, disposent d’un bon système d’aide. Toutefois, c’est au quotidien que le soutien apporté peut être déficient, selon M. Harel, qui préside l’Association canadienne des chefs de police.

« C’est jour après jour d’événements tragiques, des enfants abusés, des femmes abusées, des cas de violence, ça s’ajoute au stress des policiers », précise le chef Harel, qui explique que les agents peuvent développer des blessures psychologiques à long terme.

Les problèmes de santé mentale peuvent également avoir des répercussions sur la façon d’intervenir des agents.

« Une personne qui n’a pas tous ses moyens, elle peut être moins tolérante, plus irritable, commettre des gestes dans le feu de l’action », souligne-t-il.

La présidente-directrice générale de la Commission de la santé mentale du Canada, Louise Bradley, rappelle que dans le cadre de leur travail, les policiers sont régulièrement exposés à des événements traumatisants. Pour elle, il est primordial de s'attaquer à la problématique de la santé mentale.

« On ne peut pas laisser des policiers aux prises avec des problèmes de santé mentale qui peuvent les empêcher de faire leur travail et d'interagir avec le public de la meilleure façon qui soit », dit-elle.

Une « culture du silence »

Les corps policiers doivent donc développer des stratégies afin de s’assurer que les agents reçoivent le soutien nécessaire.

La conférence, organisée par la Commission de la santé mentale du Canada et l’Association canadienne des chefs de police, se poursuit au casino du Lac-Leamy jusqu’à mercredi.

Source Radio Canada