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Haïti : Le Ministère souhaite une meilleure prise en compte de la santé mentale dans le système sanitaire

le 27 avril 2017

[Alter Presse] Le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) encourage l’intégration de la santé mentale au niveau des soins primaires des différentes institutions sanitaires du pays, à l’occasion de la journée mondiale de la santé, célébrée le vendredi 7 avril 2017.

La ministre, Dr Greta Roy Clément, souligne la nécessité d’aborder le problème de la dépression, parce que, dit-elle, toutes les couches de la population sont concernées.

Intervenant lors de la commémoration officielle de cette journée, et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse, elle a fait savoir « dans la feuille de cadrage qui a été remise aux différents membres du gouvernement, l’intégration des activités de santé mentale dans les dix hôpitaux départementaux du pays a été retenue comme un des piliers du gouvernement.

La question de la santé mentale devra apparaître dans le plan d’action 2017-2018 que le secteur santé est en train de finaliser, annonce-t-elle.

Elle indique que les personnes âgées dépressives seraient exposées à un risque excédentaire de cancer, estimé à 88%, suivant les données disponibles.

La dépression majeure, qui représente la 4e cause de morbidité, ailleurs comme en Haïti, constitue un problème de santé publique, avance-t-elle.

Elle souhaite que les prestataires de soins bénéficient d’un accompagnement les habilitant à assurer une prise en charge efficace des pathologies mentales les plus courantes dont la dépression.

Aucun secteur de la population haïtienne incluant celle du milieu carcéral ne doit être négligé, poursuit-elle.

« Il n’y a pas de santé sans santé mentale. À cause de la précarité des infrastructures de base, les soins de santé mentale sont limités. Le budget alloué à la santé mentale est très faible et les partenaires ont manifesté très peu d’intérêt en dehors des catastrophes naturelles », dénonce le responsable de l’unité de santé mentale au Mspp, René Domerçant.

Il souligne la nécessité d’une politique nationale de santé mentale, tout en déplorant une absence de chiffres exacts sur l’évolution de la dépression en Haïti.

Toutes les personnes qui souffrent de dépression ne vont pas en consultation alors qu’elle touche 300 millions de personnes à travers le monde, regrette-t-il.

« Les failles du système de santé sont tous les jours plus visibles car la société haïtienne dans sa globalité se fragilise au quotidien », souligne, pour sa part, l’épouse du chef de l’État, Martine Marie Etienne Joseph Moise.

« Les spécialistes de santé sont unanimes à reconnaître que les catastrophes naturelles sont à l’origine de nombreux troubles mentaux. Il n’est donc pas surprenant que des cas de dépression soient diagnostiqués et que les populations affectées par les catastrophes naturelles soient vulnérables », déclare-t-elle.

Le président de la république, Jovenel Moïse est conscient de l’importance de la santé dans un contexte de développement humain et ne ménagera aucun effort pour sa modernisation, dit-elle.

Célébrée chaque année le 7 avril, la journée mondiale de la santé marque l’anniversaire de la création de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui offre une occasion unique de mobiliser l’action autour d’un thème de santé spécifique qui concerne le monde entier.

Source Alter Presse