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Maroc : La santé mentale, coincée entre superstitions et stigmatisation

le 2 septembre 2019

La psychiatrie a encore mauvaise presse au royaume, où beaucoup lui préfèrent des pratiques charlatanesques en dehors de toute éthique, qui conduisent parfois à des drames.

Le sida ? « Une punition divine pour celles et ceux qui ont eu un comportement déviant. » Les schizophrènes ? « Des individus dangereux. » Les épileptiques ? «  Des possédés.» Les dépressifs ? « Des gens qui ne croient pas (assez) en Dieu. » Nada Azzouzi, psychiatre à Témara, ne compte plus les poncifs et croyances superstitieuses qu’elle a recensés sur les troubles mentaux, les personnes qui en souffrent… et même celles qui les soignent. « Au Maroc, les psychiatres sont encore perçus par beaucoup comme les médecins des fous. D’autres pensent que les traitements engendrent forcément une dépendance. Globalement, il y a une grande méconnaissance de la population sur cette spécialité », observe-t-elle. Une stigmatisation qui, en plus de nuire à la prise en charge des patients, à leur accès aux traitements et à leur réinsertion, « freine l’implantation de stratégies de prévention et cantonne ainsi la psychiatrie au statut de parent pauvre de la médecine ».

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