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Sénégal : Des guides pour démythifier la maladie mentale

le 10 novembre 2017

La maladie mentale est mal prise en charge au Sénégal, du fait qu’elle est du ressort exclusif des structures spécialisées. Le ministère de la Santé veut faire disparaitre le mythe, grâce à des guides destinés au personnel soignant. La question a été abordée hier, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.

La maladie mentale est un problème de santé publique. Au Sénégal, les malades mentaux sont souvent stigmatisés, marginalisés et laissés à eux-mêmes. Les structures spécialisées pour leur prise en charge ne sont pas nombreuses, les psychiatres non plus. Pour une meilleure prise en charge de ces troubles psychiques, le ministère de la santé a élaboré deux guides afin d’aider les médecins généralistes et autres agents dans le traitement des malades.

La révélation a été faite, hier, lors de la célébration de la journée mondiale dédiée à cette question. Le chef de la Division de la santé mentale a soutenu que ces guides ont vu le jour après un constat. Il s’agit de l’absence de décentralisation et la stigmatisation. Il est donc question, ici, de casser le mythe qui entoure cette pathologie et d’en faire une maladie comme les autres, pour mieux la traiter.

Selon le professeur Aïda Sylla, la stigmatisation ne s’arrête pas à la maladie et aux malades mentaux, mais peut même s’étendre aux structures qui les prennent en charge. ‘’Dans le domaine médical, quelle que soit l’affection, un système de référence et de compte-référence est respecté. Lorsqu’un collègue envoie un malade, il y a un minimum qui est écrit sur un papier avec les raisons pour lesquelles il est référé. Tous les psychiatres vous diront que lorsque les collègues leur réfèrent un malade mentale, c’est en jetant le bébé avec l’eau du bain. Pas un seul mot sur la maladie, comme si celle-ci n’était que l’apanage de ceux qui ont été spécialement formés pour le traiter’’, regrette le Pr. Sylla.

Il s’y ajoute qu’au Sénégal, les malades atterrissent directement dans les structures spécialisées, alors que celles-ci ne sont pas nombreuses.  De ce fait, ajoute Mme Sylla, les médecins ont une certaine réticence à prendre en charge les patients, parce qu’ils ne se sentent pas concernés. D’où ce plaidoyer auprès des populations, mais aussi auprès des prestataires pour que la question soit traitée autrement. ‘’Nous voulons que, quelle que soit la structure de santé, qu’elle puisse apporter de l’aide à ceux qui souffrent de la maladie mentale’’, plaide-t-elle.

Source Enquête Plus