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Suisse : Des failles dans la prise en charge des souffrances psychologiques

le 5 mai 2017

[Tribune de Genève] Prisons. Au bilan annuel de l’Office cantonal de la détention, un nouveau point faible a été évoqué.

Au milieu d’une avalanche de chiffres présentés ce mardi au bilan 2016 de l’Office cantonal de la détention (OCD), deux problématiques méritent une attention particulière.

La prise en charge des personnes sous mesures, nécessitant une obligation de suivi psychiatrique, révèle une nouvelle faille. Parmi les 350 personnes concernées, certaines se trouvent en milieu fermé, dans la prison de soin Curabilis toujours en phase d’expérimentation, mais aussi à Champ-Dollon et à La Brenaz, des lieux peu appropriés. D’autres sont placées en milieu ouvert, à l’hôpital psychiatrique de Belle-Idée. Il reste 200 personnes condamnées à un suivi ambulatoire, traitées soit par des médecins de ville, soit par les Hôpitaux universitaires de Genève. Et ce terrain-là n’a semble-t-il jamais été défriché.

«C’est le grand chantier du moment. Nous n’avons pas de vision claire de leur prise en charge et de leur évolution», dévoile le professeur Panteleimon Giannakopoulos, directeur du nouveau Service des mesures institutionnelles. Une situation insatisfaisante pour le chef du Département de la sécurité et de l’économie (DSE), Pierre Maudet, qui souhaite voir rapidement ces personnes aux profils pathologiques très divers «entrer dans l’écran radar».

Quant à la prise en charge sociothérapeutique, suspendue depuis le drame de La Pâquerette survenu il y a trois ans et demi, elle reste dans les limbes. «Le sixième et dernier pavillon de Curabilis ne sera pas dévolu à la sociothérapie au sens où on l’entendait précédemment», annonce Pierre Maudet. Deux options sont en réflexion aujourd’hui: dédier ce bâtiment aux mesures ordinaires ou à une catégorie particulière de détenus sous mesure. On n’en saura pas davantage. Comme Curabilis est un établissement concordataire, une décision sera prise d’ici au 30 juin par la Conférence latine des chefs des Départements de justice et police, présidée par le magistrat genevois. En parallèle, une étude va débuter sur la mise en place de la sociothérapie destinée spécifiquement aux personnes en exécution de peine.

A retenir encore que Champ-Dollon respire mieux, avec un nombre de détenus inférieur à 600 – pour 390 places – grâce à l’agrandissement de La Brenaz. Pourtant, 56 requêtes pour mauvaises conditions de détention ont été adressées l’an passé au DSE, qui a procédé à huit indemnisations, pour un montant de 87 500 francs.

Source Tribune de Genève