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Alzheimer

le 28 mai 2015

La maladie d’Alzheimer est une maladie neuro-dégénérative dont l’évolution est caractérisée par un début progressif et un déclin cognitif continu. Cette maladie apparaît principalement chez les personnes âgées (96% des personnes diagnostiquées ont plus de 60 ans).

Signes cliniques

La maladie d’Alzheimer se caractérise essentiellement par des troubles cognitifs, des troubles du comportement et, dans certains cas, des symptômes psychotiques.

  • Déficits cognitifs multiples :
    • altération de la mémoire (altération de la capacité à apprendre des informations nouvelles ou à se rappeler les informations apprises antérieurement) ;
    • aphasie (perturbation du langage) ;
    • apraxie (altération de la capacité à réaliser une activité motrice malgré des fonctions motrices intactes) ;
    • agnosie (impossibilité de reconnaître ou d’identifier des objets malgré des fonctions sensorielles intactes) ;
    • perturbation des fonctions exécutives (faire des projets, organiser, ordonner dans le temps, avoir une pensée abstraite).
  • Troubles du comportement : 
    • opposition (refus de s’alimenter, d’assurer son hygiène, de respecter les règles sociales, de coopérer) ;
    • agressivité verbale (cris, verbalisations stéréotypées) ou physique (activités excessives, inappropriées ou sans objectif précis) ;
    • anxiété et phobies avec manifestations comportementales ;
    • troubles du rythme circadien (rythme veille-sommeil) ;
    • déambulations ou comportements moteurs inappropriés (vérification, poursuite incessante, activité répétitive ou excessive, déambulation sans but apparent ou dans un but inapproprié, déambulation nocturne, errance) ;
    • désinhibition motrice (tendance à la distraction, à l’instabilité des émotions, à des comportements inadaptés ou sans retenue : errance, attitudes sexuelles incongrues, comportements impudiques ou envahissants, agressivité envers soi-même ou autrui).
  • Symptômes psychotiques :
    • Délire ;
    • Hallucinations ;
    • Troubles de l’identification ;
    • Manie.

Qui est concerné ?

En France, environ 850 000 personnes sont touchées de la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Les femmes sont plus touchées que les hommes (13,2 % d’hommes et 20,5 % de femmes de plus de 75 ans).

Au-delà de 85 ans, 25% de la population sont concernées par cette maladie.

Quels sont les facteurs pouvant expliquer l’apparition de ce trouble ?

Des facteurs somatiques ou psychiatriques peuvent expliquer l’apparition de cette maladie. En dehors de ces éléments connus, d’autres facteurs de risque jouent un rôle dans la survenue et l’évolution de cette maladie (facteurs précipitants et facteurs prédisposants).

Les causes explicatives

Causes somatiques

  • Une douleur mal contrôlée, une rétention d’urine (pouvant générer un globe vésical), un fécalome (accumulation de matières fécales), une infection, un trouble métabolique peuvent être générateurs de confusion mentale ;
  • Une iatrogénie (trouble provoqué par un traitement médical), fréquente chez des personnes âgées fragiles ayant une polymédication ;
  • Une éventuelle intoxication ou un sevrage.

Causes psychiatriques

Il s’agit le plus souvent d’un épisode dépressif ou anxieux se manifestant par des troubles du comportement : agitation, opposition, intolérance aux aides, troubles du sommeil, déambulations, cris, etc.

Les facteurs de risque

Facteurs précipitants, qui peuvent déclencher la maladie

Il peut s’agir d’événements en apparence anodins, comme de changements de mode de vie, qui, chez des personnes malades et/ou âgées, sont des facteurs de stress qui peuvent faire décompenser un état de fragilité.

Facteurs prédisposants, qui peuvent aggraver les symptômes

  • Facteurs biologiques (altérations fonctionnelles à différents niveaux des circuits neuronaux fronto-souscorticaux) ;
  • Facteurs cognitifs (les troubles de l’orientation temporo-spatiale, de la reconnaissance, des capacités d’expression et de compréhension verbale) ;
  • Facteurs pharmacologiques (utilisation de benzodiazépines pendant trois mois ou plus est associée à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer après 65 ans) ; 
  • Facteurs somatiques (tout particulièrement la douleur physique, car elle sous-tend notamment les cris et verbalisations jugées inadaptées) ;
  • Facteurs d’autonomie (les déficits sensoriels, notamment auditifs et visuels, ainsi que le handicap physique sont des facteurs fréquents de fragilité et de difficultés d’adaptation de la personne atteinte de démence) ;
  • Facteurs de personnalité (la préexistence d’un style de vie « actif », d’une tendance à des réactions motrices aux facteurs de stress a été retrouvée plus fréquemment chez des patients ayant des comportements de déambulation ou d’agitation) ;
  • Facteurs relationnels (l’attitude des aidants et des professionnels face aux troubles débutants peut jouer un rôle précipitant, réducteur ou aggravant).

Comment traiter l’Alzheimer ?

Aucun médicament à l’heure actuelle ne permet d’enrayer l’évolution de cette maladie. Certaines interventions peuvent néanmoins ralentir son processus et diminuer les troubles du comportement associés.

Interventions non médicamenteuses

  • Psychothérapies ;
  • Orthophonie (maintenir et adapter les fonctions de communication du patient) ;
  • Stimulation cognitive (stimulations de situations vécues : trajet dans le quartier, toilette, téléphone, etc). Son objectif est de ralentir la perte d’autonomie dans les activités de la vie quotidienne ;
  • Stimulation motrice (l’exercice physique, l’intervention de kinésithérapeutes, psychomotriciens et ergothérapeutes) ;
  • Interventions portant sur le comportement (musicothérapie, l’aromathérapie, la stimulation multi sensorielle, la rééducation de l’orientation, la « reminiscence therapy » (thérapie par l’évocation du passé), la thérapie assistée d’animaux, les massages, la thérapie de présence simulée (vidéo familiale) et la luminothérapie) ;
  • Interventions portant sur la qualité de vie (aides à domicile).

Attention à la consommation de médicaments psychotropes

Les neuroleptiques sont fréquemment prescrits en réponse aux troubles du comportement chez la personne âgée. Mais ils apparaissent modérément efficaces pour contrôler ces troubles, alors qu’ils exposent à de nombreux effets indésirables parfois graves, et à une augmentation de la mortalité. Des alternatives non médicamenteuses sont possibles.

La consommation des anxiolytiques de type benzodiazépines est un problème de santé publique majeure chez les personnes âgées. Ces médicaments, utiles et efficaces en cas d’angoisse, doivent être utilisés à bon escient et sur une courte durée, sinon ils induisent une forte dépendance. La prise de benzodiazépines expose les personnes âgées à des chutes, des altérations cognitives et des accidents de la voie publique.

Des études récentes montrent que l’utilisation de benzodiazépines pendant trois mois ou plus est associée à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer après 65 ans (Prescrire , 2016).

Où trouver de l’aide ?

  • Médecin généraliste : il est conseillé de demander l’avis de son médecin généraliste qui peut, le cas échéant orienter vers un spécialiste ;
  • Centres locaux d'information et de coordination gérontologique (CLIC) ;
  • Centres médico-psychologiques : les services de psychiatrie publique proposent des consultations et prises en charges pour tous les troubles psychiques.

Rédaction

Synthèse réalisée par Marc Oeynhausen à partir du document HAS « Maladie d’Alzheimer – troubles du comportement perturbateurs ». Dernière mise à jour, septembre 2016.