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Droits des usagers des services de psychiatrie

Le Code de la santé publique pose le principe du consentement aux soins des personnes atteintes de troubles mentaux, énonce l’exception des soins sans consentement et définit ses modalités d’application. C’est plus l’absence de soins qui crée préjudice au patient que leur mise en œuvre sans son consentement.

Le Code de la santé publique pose le principe du consentement aux soins des personnes atteintes de troubles mentaux, énonce l’exception des soins sans consentement et définit ses modalités d’application. C’est plus l’absence de soins qui crée préjudice au patient que leur mise en œuvre sans son consentement.

Soins psychiatriques AVEC consentement du patient (soins libres)

Ils sont privilégiés si l’état de la personne le permet. Elle dispose alors des mêmes droits relatifs aux libertés individuelles que les personnes soignées pour une autre cause : libre choix du médecin et de l’établissement, choix de la fin des soins.

Soins psychiatriques SANS consentement du patient

Ils sont exclusivement réalisés par les établissements autorisés en psychiatrie et selon 3 modes d’admission :

Voir brochure Psycom Modalités de soins en psychiatrie

Droits généraux des usagers des services de psychiatrie

Ces droits s’appliquent aux personnes soignées avec ou sans leur consentement.

Information sur l’état de santé

« Toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé. (…) Cette information incombe à tout professionnel de santé, dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables ».

Accès au dossier

Toute personne soignée en psychiatrie a le droit d’accéder aux informations personnelles de santé la concernant (dossier patient). L’accès peut être direct ou par un médecin si la personne le souhaite. Les établissements de santé proposent un accompagnement médical, afin de recevoir les explications nécessaires, utiles et appropriées.

Délai d’accès : 8 jours (dossier < 5 ans) à 2 mois (dossier > 5 ans), à compter de la date de demande et au plus tôt après 48 heures. Modalités particulières en cas de tutelle, curatelle, mineur, etc.

Consentement aux soins

« Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre tout traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en oeuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Il peut faire appel à un autre membre du corps médical. Dans tous les cas, le malade doit réitérer sa décision après un délai raisonnable. Celle-ci est inscrite dans son dossier médical.

Aucun acte médical et aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment ».

Si la personne ne peut exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance ou la famille, ou à défaut, un de ses proches ait été consulté.

Les droits des mineurs ou des majeurs protégés sont exercés par les titulaires de l’autorité parentale ou le tuteur. Ils ont le droit de recevoir une information directe et de participer à la prise de décision les concernant, d’une manière adaptée à leur degré de maturité, et/ou à leurs facultés de discernement.

Leur consentement doit être systématiquement recherché s’ils peuvent exprimer leur volonté et participer à la décision. Si le refus d’un traitement par le titulaire de l’autorité parentale ou par le tuteur risque d’entraîner des conséquences graves pour la santé du mineur ou du majeur sous tutelle, le médecin délivre les soins indispensables.

Personne de confiance

« Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance (PC) qui peut être un parent, un proche ou le médecin traitant, et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté et de recevoir l’information nécessaire à cette fin. Cette désignation est faite par écrit. Elle est révocable à tout moment. Si le malade le souhaite, la PC l’accompagne dans ses démarches et assiste aux entretiens médicaux afin de l’aider dans ses décisions. Le secret médical est dans ce cas partagé. Cependant le secret médical demeure si le patient souhaite que certaines informations demeurent secrètes ».

Le but est d’aider le patient à choisir le traitement le mieux approprié au regard de ses convictions. La PC peut accompagner le patient, à sa demande, pour consulter son dossier médical. Mais elle n’a pas le droit d’accès direct au dossier médical du patient ».

Droits fondamentaux

Certains droits inhérents à la dignité humaine sont intangibles et ne souffrent aucune limite : droit à la vie, droit à ne pas être soumis à la torture ou à un traitement dégradant ou inhumain, protection de l’intégrité physique et psychique.

D’autres peuvent être limités pour des raisons d’ordre public : droit au respect de la vie privée et familiale, au travail et à la formation, liberté d’expression, liberté de conscience et de pensée, droit de vote.

Prévention de la maltraitance

Pour le Conseil de l’Europe la maltraitance est « tout acte, ou omission, qui a pour effet de porter gravement atteinte, que ce soit de manière volontaire ou involontaire, aux droits fondamentaux, aux libertés civiles, à l’intégrité corporelle, à la dignité ou au bien-être général d’une personne vulnérable. »

Pour le Médiateur de la République les violences pouvant faire l’objet d’un recours sont : ordres, interdictions, reproches, indifférence, privation de visites, humiliation, infantilisation, absence de prise en compte de la douleur, acharnement thérapeutique, excès de médicaments, toilettes imposées, gifles, sévices sexuels, vols d’argent ou d’objets, matériel inadapté, non-respect du consentement.

Le bon déroulement des soins repose sur un respect réciproque. Patients, proches et professionnels de santé ont des droits et aussi des devoirs.

Liberté d’aller et venir

« Les patients en hospitalisation libre ne peuvent en aucun cas être installés dans les services fermés à clefs ni a fortiori dans des chambres verrouillées ». « L’atteinte à la liberté d’aller et venir librement ne peut se réaliser que pour des raisons tenant à la sécurité du malade et sur indications médicales.»

« La liberté d’aller et venir dans les établissements sanitaires et médico-sociaux est un droit inaliénable». Toute restriction de liberté doit être :

Elle ne peut pas relever d’une simple commodité de service.

Les stéréotypes associent violence, folie et maladie mentale. Mais, ceux qui vivent avec des troubles psychiatriques sont plus souvent victimes qu’acteurs de violence. Les homicides associés à des troubles mentaux sont très rares. Dans les pays industrialisés, le taux d’homicide varie de 1 à 5 pour 100 000 habitants : les troubles mentaux graves ne seraient responsables que de 0,16 cas d’homicide pour 100 000 habitants. La maladie mentale concerne moins de 1 homicide sur 20.

Recours en cas de non respect des droits

Commission départementale des soins psychiatriques (CDSP)
Organe de contrôle créé pour protéger les libertés et garantir la dignité des personnes hospitalisées en établissement psychiatrique.

Commission des relations avec les usagers et de la qualité de la prise en charge (CRUQPC) de l’établissement où a lieu l’hospitalisation.
Veille au respect des droits des usagers, contribue à l’amélioration de la qualité des soins, facilite les démarches des personnes et veille à ce qu’elles puissent exprimer leurs griefs, entendre les explications et être informées des suites de leurs demandes.

Contrôleur général des lieux de privation de libertés
Veille à ce que les personnes privées de liberté soient traitées avec humanité et dans le respect de la dignité inhérente à la personne humaine.

Défenseur des droits
Traite les demandes d’information ou de réclamation mettant en cause : non-respect des droits des malades,
qualité du système de santé, sécurité des soins ou accès aux soins.

Droits des usagers soignés sans leur consentement

Les derniers textes de loi ont modifié les modalités de soins psychiatriques et réaffirmé les droits des patients.

Modalités de soins sans consentement

- 2 certificats médicaux et un tiers : dite classique (SDT),
- 1 certificat médical et un tiers : dite d’urgence (SDT ou SDTU),
- 1 certificat médical, absence de tiers : dite de péril imminent (SPI : médecin extérieur à l’établissement d’accueil).

Réaffirmation des droits des patients

La plupart des droits des personnes soignées librement en service de psychiatrie s’appliquent aux personnes soignées sans leur consentement.
Cette rubrique n’évoque que les droits et recours spécifiques du fait du non consentement aux soins.

Liberté d’aller et venir

Toute restriction de la liberté d’aller et venir est soumise au contrôle systématique du JLD.

Sorties de courte durée

Pour motif thérapeutique ou si des démarches extérieures sont nécessaires, les personnes en SSC peuvent être autorisées à :

Information sur son état de santé

Les décisions du directeur, les arrêtés préfectoraux et les modifications éventuelles des prises en charge sont remis au patient par l’équipe soignante.

Si la personne est en programme de soins (soins ambulatoires sans consentement), son avis doit être recueilli avant la définition du programme et à toute modification de celui-ci, lors d’un entretien avec le psychiatre référent. Le psychiatre lui donne toutes les informations sur sa prise en charge et lui remet son programme de soins.

Accès à son dossier patient

Toute personne soignée en psychiatrie a le droit d’accéder aux informations personnelles de santé la concernant (dossier patient), même dans le cadre des SSC. Exceptionnellement, en cas de risque d’une gravité particulière, la consultation des informations recueillies lors d’une HSC peut être subordonnée à la présence d’un médecin désigné par le demandeur. L’accès se fait par consultation sur place en présence d’un médecin de l’hôpital ou par l’intermédiaire d’un médecin désigné par le demandeur. Si le demandeur refuse la présence d’un médecin, la CDSP est saisie pour avis par le détenteur du dossier. Le demandeur a aussi la possibilité de saisir cette commission directement. L’avis de la CDSP s’impose à tous.

La CADA a validé le droit de consulter directement le registre d’établissement sans l’intermédiaire d’un médecin (certificats médicaux d’admission et de maintien) et le rapport circonstancié du médecin base de la décision de SSC.

Consentement aux soins

Si possible, l’avis de la personne, à défaut de son consentement, doit être recherché. Si elle est en programme de soins, son avis doit être recueilli avant définition de ce programme et à toute modification, lors d’un entretien avec le psychiatre référent.

Avant chaque décision (poursuite d’hospitalisation ou de programme de soins), le patient, si son état de santé le permet, est informé et peut faire valoir ses observations par tout moyen et manière appropriée à cet état.

Si la personne ne peut exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance ou la famille, ou à défaut, un de ses proches ait été consulté.

Droits fondamentaux

Une personne privée de liberté du fait de SSC garde ses droits fondamentaux, définis par les textes internationaux et nationaux, à savoir :

  1. Communiquer avec les autorités (le représentant de l’etat dans le département ou son représentant, le président du tribunal de grande instance (TGI) ou son délégué, le procureur de la République du territoire de l’établissement et le maire de la commune ou son représentant) ;
  2. Saisir la CDSP et, lorsqu’elle est hospitalisée, la CRUQPC ;
  3. Prendre conseil d’un médecin ou d’un avocat de son choix ;
  4. Porter à la connaissance du CGLP des faits ou situations susceptibles de relever de sa compétence ;
  5. Émettre ou de recevoir des courriers ;
  6. Consulter le règlement intérieur de l’établissement et de recevoir les explications qui s’y rapportent ;
  7. Exercer son droit de vote ;
  8. Se livrer aux activités religieuses ou philosophiques de son choix.

Ces droits (sauf 5, 7 et 8), peuvent être exercés à leur demande par les parents ou les personnes susceptibles d’agir dans l’intérêt du malade.

Contestation des soins sans consentement

Toute personne en SSC doit être informée par écrit des modalités de ses soins, de ses droits et des voies de recours. Les SSC peuvent être contestés, sur simple lettre auprès :

Du juge des libertés (JLD)

A tout moment le JLD peut être saisi, pour ordonner la mainlevée de la mesure de SSC, par :

Le JLD vérifie si la mesure de soins est justifiée et décide la mainlevée ou le maintien de la mesure de SSC. En cas de mainlevée d’une HC il peut décider qu’elle prend effet dans un délai de 24h max afin qu’un programme de soins puisse être établi.

De la CDSP et de la CRUQPC (cf. plus haut)

Droits des personnes sous curatelle ou tutelle

Une personne hospitalisée en psychiatrie conserve l’exercice de tous ses droits civils si elle ne fait pas l’objet d’une mesure de protection. Inversement, une personne peut être protégée alors qu’elle n’est pas ou qu’elle n’est plus hospitalisée.

Toute décision de protection du juge des tutelles (JT) doit être notifiée à la personne protégée. Toutes les personnes autorisées à faire une requête de tutelle peuvent contester l’ouverture d’une tutelle ou d’une curatelle en saisissant le TGI. Lorsque le majeur ne doit plus être protégé, une procédure de demande de mainlevée peut être déposée auprès du JT.

Sauvegarde de justice : la personne majeure conserve l’exercice de tous ses droits civils. La sauvegarde de justice permet d’annuler plus facilement des actes préjudiciables (ex : ventes ou achats).

Curatelle : incapacité civile partielle. Pour les actes importants, l’autorisation du curateur est nécessaire sous peine de nullité.

Tutelle : incapacité civile complète. La personne est représentée dans les actes de la vie civile par son tuteur ou la personne qui en tient lieu, qui effectue seul tous les actes ordinaires (perception des revenus, paiement des dépenses, entretien du majeur). Mais il a besoin de l’autorisation du JT pour les actes importants de nature patrimoniale (vente ou achat immobilier, résiliation de bail, placement de fonds, acceptation de succession, etc.) ou personnelle (choix du lieu de vie, certains actes médicaux importants, etc.)

Le majeur sous tutelle doit obligatoirement être consulté, et son avis sera respecté à chaque fois que cela est possible.

Le JT peut alléger ou aménager la tutelle, en autorisant le majeur à effectuer, seul ou avec son tuteur, les actes que la tutelle lui interdirait normalement d’effectuer. Il peut, dès le jugement initial, autoriser le majeur sous tutelle à conserver son droit de vote.

Voir brochure Psycom Tutelle, curatelle

Rédaction

Nathalie Alamowitch (directrice-adjointe, CH sainte-Anne), Aude Caria (directrice, Psycom), Caroline Navion (juriste, CH Sainte-Anne), Sophie Arfeuillère (chargée de mission, Psycom). Dernière mise à jour Octobre 2014