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Risque suicidaire

le 24 février 2013

Le risque suicidaire est associé à une fragilité psychique, qui se manifeste par : anxiété, tristesse, fatigue, irritabilité, troubles du sommeil, sentiment d’échec, l’isolement...La France fait partie des pays européens ayant un des taux de suicides le plus élevé.

Le risque suicidaire est associé à une fragilité psychique au départ, qui se manifeste à travers différents indicateurs, comme : l’anxiété, la tristesse, la fatigue, l’irritabilité, l’agressivité, les troubles du sommeil, un sentiment d’échec, d’inutilité, de dévalorisation, l’impuissance à trouver des solutions à ses problèmes, des troubles du comportement alimentaire, des troubles addictifs, l’isolement.

Les signes de haut risque sont : le désespoir, une souffrance psychique intense, la réduction du sens des valeurs, un goût pour le morbide, la recherche d’armes à feu.

Des signes de très haut risque peuvent être une accalmie suspecte ou un comportement de départ.

Qui est concerné ?

Selon l'INSEE, en 2010, le taux de mortalité par suicide est de 14,7 pour 100 000 habitants (INSEE). Il se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (10,2 pour 100 000 habitants). 

La sous-estimation du nombre de suicides est évaluée à environ 20% du fait d’un classement dans d’autres catégories de mort violente. On constate un léger recul du taux brut de suicides depuis 1993 (environ 2% par an, tout âge confondu).
Une politique active de prévention a contribué à la baisse de l’ordre de 20 % du nombre de décès par suicide en France entre 1986 et 2010. Au cours de ces vingt-cinq années, le nombre de morts est passé de 12 525 à 10 3343. 

Selon une étude menée en 2010 sur douze mois , 3,9 % des personnes interrogées, âgées de 15 à 85 ans, déclaraient avoir eu des pensées suicidaires et 0,5 % avoir fait une tentative de suicide. Une extrapolation de ces données à l’ensemble de la population montre donc que plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient concernées.

La fréquence des tentatives de suicide déclarées pendant ces douze mois diminue avec l’âge, tandis que la survenue d’idées suicidaires est maximale entre 45 et 54 ans. Le genre est une variable importante : les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir pensé au suicide et à avoir effectué une tentative au cours de l’année. Le nombre des tentatives de suicide est supérieur chez les jeunes femmes (15-20 ans). Chez les jeunes hommes, l’expression du mal-être peut recouvrir d’autres formes : l’ivresse, parfois mortelle, la délinquance, les agressions, les réactions de violence en général. Depuis quelques années, ces phénomènes touchent de plus en plus de jeunes filles.

Alors que les idées suicidaires et les tentatives sont plus importantes chez les sujets jeunes, le nombre de décès par suicide augmente avec l’âge, plus particulièrement à partir de 65 ans et surtout chez les hommes. Selon les chiffres du CepiDC-Inserm , en France, sur près de 10 400 suicides survenus en 2010, 28 % ont concerné des personnes âgées de 65 ans et plus. Après 85 ans, les taux de décès par suicide constatés sont six fois plus élevés qu’entre 15 et 24 ans (dix fois plus élevés pour les hommes).

Les facteurs principaux associés aux pensées suicidaires et/ou aux tentatives de suicides sont le fait de vivre seul, la situation de chômage, un faible niveau de revenu et la consommation de tabac

Pour les hommes, les modes de suicide les plus fréquents sont la pendaison et les armes à feu. Pour les femmes, il s’agit des médicaments et de la pendaison.

Des disparités régionales existent. La Bretagne est la région la plus touchée par le suicide (50 % au-dessus du taux moyen de la France métropolitaine). Viennent ensuite les régions Nord Pas-de Calais, Poitou-Charentes, Limousin, Pays de Loire, Picardie, Franche Comté, Basse-Normandie, Haute-Normandie (20 % au-dessus du taux de France métropolitaine). En Outre-mer, les départements Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion présentent des taux de mortalité par suicide inférieurs à la moyenne de la métropole. En Alsace, Corse et Midi-Pyrénées, on observe les taux les plus faibles.

Au niveau de l’activité professionnelle, ce sont plus particulièrement les ouvriers et employés qui se suicident. Les secteurs santé, action sociale, immobilier, construction et les administrations publiques sont parmi les plus concernées (étude de l’InVS sur la période de 1976-2002 ).  Au niveau des professions libérales, ce sont les agriculteurs qui présentent un risque élevé de suicide. Les suicides sont toutefois deux fois plus nombreux chez les chômeurs que chez les personnes salariées.

La France fait partie des pays européens ayant un taux élevé de suicides (avec la Finlande, la Suisse, l’Autriche et la Belgique). C’est dans les pays du Sud que ces taux sont globalement plus faibles (Italie, Espagne, Portugal, Grèce).

Quelles sont les causes ?

Le suicide est avant tout l’expression d’un mal-être psychique. Selon l’INSERM, un trouble psychique est associé à 90% des suicides. Le risque suicidaire est beaucoup plus élevé chez les personnes ayant des troubles dépressifs, anxieux, schizophréniques et addictifs qu’en population générale.
La tentative de suicide intervient généralement dans un contexte de vulnérabilité, lié à des facteurs environnementaux (traumatismes, deuil, ruptures). Les antécédents de comportement suicidaires sont des indicateurs d’un risque accru.

La « Conférence de consensus de 2000 sur la crise suicidaire » organisée par la Fédération Française de Psychiatrie évoque trois types de facteurs de risque :

Selon l’INSERM, des marqueurs biologiques favorisant les comportements suicidaires ont également pu être identifiés : un dysfonctionnement du système sérotoninergique, une hyperactivité de l’axe hypothalamo-pituitaire-surrénalien et une activité excessive du système noradrénergique. Ces dysfonctionnements interviendraient notamment dans la réaction aux évènements stressants et la gestion de l’agressivité.

Prévention du suicide

La prévention des actes de suicide a été intégrée dans les politiques de santé publique depuis 2000 (« Stratégie nationale d’actions face au suicide » lancée par le Ministère de la Santé). La loi relative à la politique de santé publique de 2004 avait fixé l’objectif d’une réduction de 20% du nombre de suicides (objectif non atteint, car les statistiques sont restées quasiment stables depuis). En 2011, un nouveau programme national d’actions face au suicide  a été élaboré. Il prévoit des actions de prévention :

Un autre objectif énoncé est l’amélioration de la prise en charge de la souffrance psychique, à l’origine de la plupart des passages à l’acte. En détail, il s’agit de :

Des programmes de recherche ayant pour but d’améliorer la qualité des données sur les suicides ont également été lancés, ainsi que des actions de communication et d’information du grand public. La formation des professionnels aux risques suicidaires constitue un dernier axe de ce programme. Sont visés en priorité les professionnels du soin, du milieu carcéral, de l’action sociale, de l’éducation nationale, ainsi que les responsables d’entreprise.

En 2013, le Conseil économique, social et environnemental a publié un avis "Suicide, plaidoyer pour une prévention active" qui recommande de : 

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide, la ministre de la Santé Marisol Touraine a installé l’Observatoire national du suicide, créé par un décret du 9 septembre 2013 pour 4 ans.

Le 2 février 2016, l'Observatoire a remis son 2e rapport à la Ministre de la Santé « Suicide. Connaître et prévenir : dimensions nationales, locales et associatives » , qui fournit :

Le Comité de national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et handicapées (CNDB) a émis en octobre 2013 des recommandations pour la prévention du suicide chez les personnes âgées , s'articulant autour de trois axes : 

Peut-on traiter le risque suicidaire ?

Au niveau des médicaments psychotropes, il semblerait que le lithium et certains antidépresseurs de deuxième génération participent à la diminution du risque suicidaire. Pour les neuroleptiques et benzodiazépines, cet effet n’a pas pu être démontré. A l’inverse, la baisse d’un traitement à long terme pour des personnes souffrant de dépression ou de schizophrénie semble augmenter le risque suicidaire

Différentes formes de psychothérapie peuvent apporter un soutien et le soulagement de certains symptômes et diminuer ainsi le risque suicidaire.

Dans les situations de crise aigues, une hospitalisation temporaire, parfois sans consentement, peut être nécessaire, afin de protéger la personne.

Où s'adresser ?

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