L'accompagnement médico-social

Mise à jour : 06/11/2020
Lorsqu’on est concerné par un trouble psychique, on peut rencontrer certaines difficultés pour mener son existence comme on le souhaite. Un accompagnement adapté peut aider à les surmonter et vivre de façon satisfaisante.

A quoi sert l’accompagnement

Quand on est concerné par un trouble psychique, les conséquences de ce trouble peuvent avoir un impact sur notre vie sociale. Ils peuvent nous « empêcher » de vivre pleinement selon nos souhaits, que l’on soit enfant, jeune ou adulte. Par exemple, un enfant pourra rencontrer des difficultés d’intégration à l’école ou dans les apprentissages ; un adulte pourra avoir du mal à se maintenir dans son emploi ou à habiter seul dans son logement.

L’accompagnement est un moyen de compenser ces difficultés. L’objectif est de nous aider à mener le plus librement possible une vie que l’on choisit, d’exercer pleinement notre citoyenneté, d’agir selon nos convictions et nos souhaits, bref de prendre ou reprendre du pouvoir sur notre existence.

En quoi consiste l’accompagnement

Les principes

La personne vivant avec un trouble psychique est au coeur de la démarche d’accompagnement. Elle seule peut répondre aux questions clés qui déterminent la forme que celui-ci va prendre. Quel est son projet de vie ? Quelles sont ses envies, ses besoins, ses compétences ? Quelles orientations souhaite-t-elle donner à son existence ? Quelles sont ses priorités ? Dans quel domaine, à quel moment a-t-elle besoin d’aide ? 

L’accompagnement est un mot issu de “com panis”, qui veut dire “partager le pain avec l’autre”. On comprend donc que le principe de l’accompagnement c’est de faire avec la personne, et pas seulement de faire pour elle, encore moins à sa place . Il s’agit plutôt pour elle de s’appuyer sur différentes ressources et diverses personnes, les accompagnants. Elle partage avec eux une relation de confiance, fondée sur l’échange, le dialogue, le partage d’information, la reconnaissance réciproque des compétences et la recherche de solutions en commun face aux difficultés rencontrées. Le lien est essentiel, l’accompagnement étant centré sur la relation.

En pratique

L’accompagnement est personnalisé. Il est conçu « sur-mesure » pour compenser les difficultés résultant du trouble psychique chez la personne concernée et être en adéquation avec son projet de vie. Il ne s’agit pas d’appliquer des procédures standardisées, mais bien d’inventer ensemble un parcours pouvant s’adapter notamment à la grande variabilité des troubles et de leurs conséquences sociales.

L’accompagnement est variable en intensité. L’étayage peut être plus ou moins important en fonction des besoins. La même personne pourra être  particulièrement fragilisée à un moment donné, et moins vulnérable à d’autres. Ainsi, elle sera en lien plusieurs fois par semaine avec un accompagnant quand elle aura un fort besoin de soutien ; à d’autres moments, celui-ci n’exercera plus qu’une fonction de veille, se tenant prêt à être mobilisé si nécessaire.

La durée de l’accompagnement peut également varier au fil du temps. Selon les périodes, le soutien peut être ponctuel ou bien plus régulier, se déroulant sur plusieurs mois voire plusieurs années. Les besoins de la personne évoluent, et l’accompagnement doit être réajusté régulièrement.

L’accompagnement peut être proposé dans de multiples domaines. La personne peut obtenir du soutien dans son projet de formation, dans sa vie professionnelle, à l’école, dans sa vie quotidienne, ses loisirs ou son habitat. Cela implique des interventions multiples, associant toutes sortes de partenaires. Aussi l’accompagnement ne peut pas se résumer à une relation unique entre deux personnes. Il nécessite l’intervention de plusieurs actrices et acteurs, formant un réseau mobilisé avec la personne autour de son projet.

Où se faire accompagner

L’accompagnement d’une personne vivant avec un trouble psychique peut s’exercer dans des lieux divers.

Qui met en œuvre l’accompagnement ?

La personne vivant avec un trouble psychique est l’actrice principale de son accompagnement. Elle est accompagnée pour vivre selon ses souhaits et ses possibilités, renforcer ses potentialités et ses compétences, améliorer sa mobilisation et sa capacité à agir. Informée, partie prenante du dialogue, associée à l’ensemble des décisions qui la concerne, la personne augmente son pouvoir d’agir sur sa propre vie. Le rôle central qu’elle occupe dans le processus d’accompagnement est reconnu et inscrit dans les lois du 2 janvier 2002 et du 11 février 2005.

Autour de la personne elle-même, des réseaux professionnels sont mobilisés. Il s’agit  principalement des travailleuses et des travailleurs sociaux, par exemple les éducatrices et éducateurs, les assistantes et assistants sociaux, les conseillères et conseillers en économie sociale et familiale. Ces professionnels sont formés aux spécificités du handicap psychique. Ils adoptent cette posture particulière de l’accompagnant, consistant à nouer un lien de confiance avec la personne, fondé sur le dialogue, le partage et la co-construction.

Des personnes issues du champ médical, comme les médecins généralistes, les psychiatres, les infirmières et infirmiers peuvent également intervenir de manière complémentaire. De même des personnes du champ paramédical, comme  les psychologues, les ergothérapeutes. Elles peuvent jouer un rôle pour renforcer la prévention des troubles et assurer la coordination des soins psychiatriques et physiques.

Enfin, l’accompagnement peut impliquer des aidants familiaux, c’est à dire des personnes de l’entourage social et amical particulièrement mobilisées. 

Le handicap psychique et ses particularités

Le handicap psychique est défini par la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Ainsi, “constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société, subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».

 Cette loi repose sur une conception environnementale du handicap psychique. Ainsi, la personne n’est pas handicapée en tant que telle mais se retrouve en situation de handicap lorsque les conséquences de ces troubles entrent en résonance avec un environnement inadapté.

Dans cette vision, le handicap psychique n’est donc pas un élément figé, présent quelque soit le lieu et quelque soit le moment. Le handicap se manifeste dans certaines situations seulement. Il n’est parfois qu’une étape dans la vie de l’individu. Des aménagements, des aides et des accompagnements peuvent être nécessaires pour permettre à la personne de mener à bien ses projets et de déployer ses compétences. La reconnaissance du handicap psychique ne prend pas en compte seulement les incapacités. Elle intègre la possibilité du rétablissement.

L’accompagnement d’une personne en situation de handicap psychique implique de tenir compte des spécificités de ce handicap. Celles-ci ont été listées ci-dessous. Les personnes ne présentent pas systématiquement l’ensemble de ces spécificités (source ANESM 2016 – Spécificités de l’accompagnement des adultes handicapés psychiques). 

  • Les troubles des personnes sont souvent variables, intermittents et évolutifs ; ils nécessitent souvent un suivi médical régulier
  • Le handicap psychique n’est pas une déficience intellectuelle même si des troubles cognitifs (mémorisation, organisation, anticipation) sont fréquemment associés
  • Les personnes en situation de handicap psychique sont victimes de stigmatisation et de rejet
  • L’isolement et la rupture du lien social sont fréquents ; les personnes présentent des difficultés plus ou moins prononcées dans les interactions sociales
  • Les personnes peuvent être vulnérables
  • Elles peuvent être dans l’incapacité de demander de l’aide
  • Le caractère invisible des troubles implique que les difficultés sont parfois sous-estimées
  • L’acceptation des troubles est parfois difficile pour la personne elle-même ou son entourage
  • Les difficultés sont fréquentes dans la gestion de la vie quotidienne (préparation des repas, entretien de son logement…)
  • Les personnes peuvent rencontrer des difficultés dans le fait d’entreprendre, d’initier une action
  • Elles peuvent avoir un rapport altéré à la réalité.

Les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) permettent la reconnaissance du handicap psychique. Elles sont chargées d’évaluer les situations des personnes, leurs besoins, afin de leur attribuer éventuellement des compensations spécifiques.

Cet article a été écrit par Psycom. 

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