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Figaro : Les maladies mentales, pourquoi pas moi ?

le 29 août 2017

Les troubles psychiques se situent au troisième rang des maladies les plus fréquentes, après le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Pour le docteur Christian Gay, psychiatre, parallèlement aux progrès médicaux, recréer du lien social est essentiel dans l’accompagnement de ces maladies.

Il est de bon ton d’affirmer que les maladies mentales n’arrivent qu’aux autres. C’est faux! Près de 2 millions de Français sont touchés par des troubles psychiques sévères. Certains sont passagers, d’autres plus durables. Au total, incluant les proches, cela représente 5 millions de personnes. Les troubles psychiques se situent au troisième rang des maladies les plus fréquentes, après le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Sans distinction d’âge, de sexe ou de milieu social, les troubles psychiques et les épisodes de souffrance psychique concernent tout un chacun et sont souvent associés à une forte mortalité. Les «candidats» aux troubles psychiques sont par conséquent nombreux.

Même s’il existe une inégalité en matière de chance - nous ne présentons pas le même risque de développer un trouble psychique -, la donne reste la même que pour le cancer, les maladies cardiaques ou encore les maladies métaboliques comme le diabète. L’environnement (contexte familial traumatisant, prise de drogue…) est, en général, le facteur déclencheur.

 

Première cause d’invalidité et d’arrêts de longue durée, les troubles psychiques peuvent mettre la personne en situation de handicap, détériorer sa qualité de vie et celle de ses proches. Leurs répercussions économiques et sociales sont importantes: précarité, exclusion, conduites à risques, repli sur soi, l’isolement pouvant aller jusqu’à l’exclusion, la vie dans la rue (SDF) et le suicide. Ce sont les principales conséquences de «ces maladies pas comme les autres, mais qui, comme les autres, sont des maladies».

Pourtant, d’autres maladies s’attaquant à d’autres organes tels que le cœur, les reins, les poumons ou le foie ne génèrent pas de honte, de discrédit ou de culpabilité. Les hommes et les femmes fragilisés par un handicap psychique sont dans notre société victimes de stigmatisations en raison de la peur qu’ils suscitent alors que, dans l’immense majorité des cas, ces personnes ne sont dangereuses que pour elles-mêmes.

Source Figaro