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France Info : Les carences du système de santé en prison

le 22 août 2016

[France Info] Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la politique de santé des personnes incarcérées, publié le 20 juillet, met en évidence les défaillances de l'offre de soins en prison. Les besoins en santé demeurent importants mais l'état de santé des personnes détenues est très mal documenté.

Les données disponibles sur la santé des détenus "sont anormalement anciennes", regrettent d'emblée les rapporteurs de l'IGAS, après avoir décrit l'état clinique de la population carcérale telle qu'elle était analysée dans des études des années 2001 à 2004. "Seule l'étude sur le VIH (virus du sida), le VHC (hépatite C) et les traitements de substitution a été actualisée en 2010", indique le rapport.

 

Les pathologies mentales sont surreprésentées en milieu carcéral

 

À ces dates, un entrant sur dix en prison était orienté vers une consultation de psychiatrie à l'issue de l'examen clinique d'entrée en détention. Plus de la moitié des détenus avaient déjà un antécédent de troubles psychiatriques et un entrant sur six avait déjà été hospitalisé en psychiatrie. Plus précisément, un détenu sur 25 était diagnostiqué schizophrène (soit quatre fois plus que la population générale), plus d'un détenu sur trois était dépressif, un sur dix atteint de dépression mélancolique à haut risque de suicide (cas très sévère de la dépression), un sur six avait une phobie sociale et un sur trois une anxiété généralisée.

Le rapport souligne la nécessité d’un "suivi épidémiologique" en prison et de "réaliser sans tarder ces études" comme le préconise l’Institut de veille sanitaire. Or, d’après Michel David, président de l’association des secteurs de psychiatrie en milieu carcéral (ASPMP), il serait pertinent de réaliser une enquête épidémiologique ciblée sur les cas pathologiques très graves tels que la schizophrénie ou la dépression mélancolique. Pour lui, ces pathologies "ne devraient pas être soignées en prison mais dans des hôpitaux psychiatriques". Il ajoute qu’"on ne peut pas faire les mêmes soins en prison qu’à l’extérieur car la confidentialité est impossible".

Consulter le rapport de l'IGAS

Source France Info