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France Info : Les thérapies parallèles sont-elles efficaces pour la dépression ?

le 20 avril 2017

[France Info] Luminothérapie, hypnose, stimulation magnétique... A l'occasion de l'édition 2017 de la Journée mondiale de la santé consacrée à la dépression, franceinfo détaille les approches alternatives pour lutter contre ce trouble. Et s'interroge sur leur efficacité.

"Plus rien ne me faisait plaisir. A certains moments, j'avais même des pensées suicidaires..."  Ce que décrit Arthur*, jeune étudiant français de 21 ans, est caractéristique de la dépression. Ce trouble mental touche environ 300 millions de personnes dans le monde, dont 3 millions en France, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Parmi elles, beaucoup plus de femmes que d'hommes. Afin de briser le silence qui l'accompagne souvent, l'OMS a fait de la dépression le thème de sa Journée mondiale de la santé 2017, organisée vendredi 7 avril. 

Pour soigner la dépression, l'organisation internationale recommande une intervention psychologique, combinée à la prise d'antidépresseurs dans les cas les plus sévères. Pourtant, de l'hypnose à la luminothérapie, de plus en plus de méthodes alternatives font leur apparition. Sans que leur efficacité soit toujours reconnue par l'ensemble du corps médical.

Des thérapies plus courtes... et sans médicament

Suivi depuis ses 6 ans par un psychologue, Arthur découvre il y a quelques années l'hypnose ericksonienne. Le principe : l'induction par le thérapeute d'un état de relaxation profonde chez le patient afin de l'aider à lâcher prise. Alors que le jeune homme traverse une passe difficile, le traitement fonctionne après seulement cinq séances. A contrario, "le genre de thérapie que je suivais depuis petit dure parfois des années. "

Sophie, habitante du Nord à la quarantaine joviale, s'est convertie au milieu des années 2000 à l'hypnose semi-consciente, après des mois de thérapie comportementale et cognitive restée sans effet. Ce dernier traitement fait pourtant partie de ceux recommandés par l'OMS. "Je pense que le choix de la thérapie et du thérapeute est primordial. Un traitement peut être bon pour quelqu'un et mauvais pour un autre",  philosophe-t-elle aujourd'hui.

Plus précisément, Sophie a choisi l'EMDR, ou littéralement, en français, la reprogrammation et désensibilisation par le mouvement de l'œil. "En partant  d’un trauma, le praticien t'aide à transformer tes souvenirs en images positives."  Elle raconte ses séances :

Tu t'allonges à côté du thérapeute et pendant que tu racontes le traumatisme que tu as vécu, il passe un stylo devant tes yeux.

 

Une efficacité encore floue

 

Mais le Dr Capucine de Fouchier, du département de santé mentale de l’OMS à Genève, met en garde les patients contre l'hypnose, l'EMDR ou d'autres méthodes de développement personnel utilisées pour traiter la dépression. "L'OMS base ses recommandations sur des preuves scientifiques. Particulièrement en France, où les traitements alternatifs foisonnent, beaucoup de thérapies disponibles n’ont pas fait preuve de leur efficacité."

 

L'EMDR, qu'utilise Sophie, n'a ainsi été validée pour l'instant que dans le traitement de psychotraumatismes, comme le stress post-traumatique éprouvé par certains soldats. Mais Capucine de Fouchier tient aussitôt à préciser :

Ça ne veut pas dire que les thérapies parallèles n'aident pas les personnes qui souffrent de dépression. Si ça fait du bien, tant mieux, mais ce ne sont pas des traitements.

Source France Info