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L'Écho : Bipolaire, psychotique, alcoolique... Van Gogh souffrait-il vraiment de tous ces maux ?

le 8 septembre 2016

[L'Écho] Violemment rejeté par les habitants d’Arles, habitué des instituts psychiatriques, il se suicide par balle. Les dernières années de Vincent Van Gogh furent tragiques. Le Musée Van Gogh y consacre une exposition.

Neurosyphilis, trouble bipolaire, psychose cycloïde, épilepsie, alcoolisme, borderline. Au début de l’exposition "De waanzin nabij" (Proche de la folie), on trouve une ligne du temps dédiée aux maladies attribuées ces 130 dernières années à l’esprit tourmenté de Vincent Van Gogh (1853-1890).

A-t-il réellement souffert de toutes ces maladies? Personne ne le sait. Y compris les commissaires de l’expo. "Nous ne prenons pas position, nous nous contentons de cartographier les diagnostics qui ont été avancés jusqu’à présent", explique Nienke Bakker. Un peu plus loin, on découvre le pistolet avec lequel Van Gogh a mis fin à ses jours le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise.

Les spécialistes du Musée insistent sur le fait que les chefs-d’œuvre de Van Gogh ne sont pas le résultat de sa fragilité mentale. "Nous ne croyons pas à la vision romantique qui veut que ses problèmes psychiques soient à la base de son génie. Van Gogh fut un peintre talentueux, non pas ‘à cause de’ mais ‘malgré’ sa folie", souligne le chercheur Teio Meedendorp.

Cellule d’isolement

L’exposition se concentre sur les 18 derniers mois de la vie de Van Gogh. Peintures, dessins et documents originaux sont présentés dans une salle relativement petite, ce qui ne rend pas l’expo moins intéressante.

Au cours de l’été 1888, Van Gogh quitte Paris pour Arles, dans le sud de la France, car il n’arrivait pas à s’habituer à la vie dans la capitale française. Trop de stimuli pour un homme de nature inquiète comme Van Gogh. L’exposition montre un magnifique autoportrait de 1888, peint à Paris. "Le visage de la mort", a-t-il un jour déclaré à propos de cette toile. Van Gogh espérait trouver le repos en déménageant à Arles.

Il invite son maître, Paul Gauguin, à venir travailler avec lui. Mais l’arrivée du grand peintre à Arles ne fait que renforcer le stress de Van Gogh. Gauguin l’a d’ailleurs peint ainsi: comme un artiste introverti et farouche. Ce portrait, peint sur une toile de jute, est une des œuvres majeures de l’expo.

À Arles, Van Gogh déjante complètement, et le 23 décembre 1888, il se coupe l’oreille gauche dans un mouvement de folie. Le lendemain, Gauguin le retrouve à moitié mort. À l’hôpital d’Arles, il se remet rapidement de sa blessure, mais sa santé mentale se dégrade. Il se comporte comme un dément et est placé temporairement dans une cellule d’isolement. Après quelques jours, il se rétablit et est autorisé à rentrer chez lui.

Personne n’a jamais vraiment compris pourquoi il s’était tranché l’oreille. Van Gogh s’est toujours refusé à l’expliquer. Indirectement, il a cependant donné un chef-d’œuvre: un portrait du visage expressif de son médecin traitant, Félix Rey. Van Gogh lui a offert le tableau, mais le médecin estimait que cette peinture ne valait rien et l’a offerte à un de ses confrères ami. Aujourd’hui, la toile fait partie des pièces maîtresses du Musée Pouchkine à Moscou. Le Musée Van Gogh l’a reçue en prêt.

Source L'Écho