Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > La Croix : Psychiatrie, de plus en plus de soins sans consentement

La Croix : Psychiatrie, de plus en plus de soins sans consentement

le 27 novembre 2017

Entre 2012 et 2015, le nombre de patients soignés en psychiatrie sans leur consentement a augmenté de 15 %. De plus en plus, ces soins se font hors de l’hôpital.

Peut-on priver une personne de sa liberté pour la soigner ? La question n’est certes pas nouvelle en psychiatrie. Mais elle prend désormais une acuité particulière face à des chiffres qui interpellent. En 2015, plus de 1,7 million de personnes, âgées de 16 ans ou plus, ont été suivies en France dans un établissement psychiatrique.

Parmi elles, 92 000 ont été prises en charge sans leur consentement. Un chiffre en augmentation de 15 % par rapport à 2012. « Et la tendance se poursuit puisqu’en 2016, on recensait 94 000 patients soignés sans leur consentement », précise Magali Coldefy, maître de recherche à l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

« Une surveillance sociale planifiée »

C’est un vrai signal d’alarme. La France est-elle devenue un pays où la logique sécuritaire conduit à enfermer de plus en plus les personnes en souffrance psychique ? C’est la conviction de certains acteurs de la santé mentale. Mais pour comprendre cette hausse, il faut surtout revenir au tournant qu’a constitué la loi du 5 juillet 2011. Ce texte a d’abord instauré un contrôle systématique de la situation des patients par un juge, entraînant un autre changement majeur : la possibilité d’instaurer des soins sans consentement en « ambulatoire ». Sans que la personne ne soit hospitalisée entre quatre murs.

En 2011, la mesure avait fait grincer des dents dans certains cercles de la psychiatrie, opposés à cette contrainte dans les soins de ville. « Une surveillance sociale planifiée », affirmaient des psychiatres. Mais le législateur avait choisi d’entendre les arguments de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) qui plaidait de longue date pour cette innovation.

Source La Croix