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Le Cercle Psy : Douleur, les techniques psy qui soulagent

le 11 juillet 2016

[Le Cercle Psy] La douleur pointe, elle enfle, elle reste, s’éloigne un temps… et revient. Insupportable ! Et quand la chimie ne soulage plus, les ressources de la psychologie s’avèrent précieuses.

Qu’est-ce que la douleur ? Les chercheurs n’en finissent pas d’en cerner les contours. Il n’est plus question de la percevoir uniquement par le biais de la sensation, mais par toutes les dimensions de l’être qui l’impactent et sont touchées en retour (voir article précédent). Le champ des émotions, des cognitions et des pensées associées, des perceptions de soi et de son histoire… sont d’infinis modulateurs de la sensation. « Les neurosciences ont grandement contribué à révolutionner cette compréhension multidimensionnelle de la douleur à partir des années 1960 , d’après le neurologue Nicolas Danziger.  Elles ont mis en évidence les circuits multiples empruntés par le message douloureux, l’existence d’opioïdes endogènes dans le cerveau plus ou moins actifs selon le contexte, de zones d’activation conditionnées par les émotions. Hélas, si l’on comprend mieux comment et pourquoi les patients souffrent, on soulage toujours mal les douleurs chroniques ou neuropathiques », reconnaît-il. Tout n’est pas perdu, et ces découvertes ont permis de reconsidérer l’intérêt des médecines de l’âme pour mieux traiter les maux du corps.

De l’écoute à l’accompagnement

A-t-on jamais fait l’expérience d’être terrassé par une douleur inhabituelle, de prendre rendez-vous chez le médecin, et de commencer déjà à sentir un léger mieux, se sachant bientôt entendu et pris en charge ? Le Dr Claude Bronner, généraliste et président de France union généraliste, fait souvent un constat comparable. « L’écoute médicale et empathique est la base de la consultation. Elle agit aussi sûrement qu’une molécule mais en mobilisant les ressources de guérison propres au patient  », affirme-t-il. Un échange de qualité permet souvent de réduire la prise d’antalgique ensuite, a-t-il observé. Convaincu de ces pouvoirs de l’attention, le Dr Bronner promeut des formations en « entretien motivationnel » en fac de médecine pour apprendre aux futurs médecins à faire parler le patient de sa douleur, de son intensité, des émotions et des pensées associées. Et bien sûr, il n’est pas rare que se cache derrière ces maux un contexte de vie toxique. Au médecin de suggérer éventuellement une psychothérapie qui agira autant sur la douleur que sur le moral.

Pour Nicolas Danziger, « trop peu de praticiens, notamment à l’hôpital, offrent pourtant une telle écoute. La connaissance du lien entre le psychique et la douleur physique aurait même incité certains à culpabiliser le patient, avec l’idée qu’il le ferait un peu exprès ». Un comble ! C’est tout de même en milieu hospitalier qu’on a fait de gros progrès pour connecter les deux dimensions et cultiver les approches psychothérapiques. Parce que ça marche ! Et qu’il fallait une solution pour pallier l’inefficacité de la chimie dans certains cas. C’est ainsi que l’hypnose a resurgi à l’hôpital dans les années 1990 (voie le dossier du Cercle Psy n° 20 sur la longue histoire de l’hypnose).

Source Le Cercle Psy