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Le Cercle Psy : Pourquoi le stress a-t-il parfois du retard ?

le 26 janvier 2017

[Le Cercle Psy] Même si le stress quotidien a des effets délétères sur notre santé et notre qualité de vie, la plupart d’entre nous le gèrent relativement bien. Mais il existe aussi des stress hors du commun : des situations dans lesquelles la personne se trouve confrontée à une situation si inattendue, si menaçante, que celle-ci génère une profonde détresse psychologique : c’est ce qu’on appelle le syndrome de stress post-traumatique (PTSD).

Ses conséquences peuvent être majeures et surtout, durables. Ces symptômes n’apparaissent parfois que plusieurs jours, voire plusieurs semaines, après l’évènement. Comment expliquer d’une part qu’un seul évènement stressant puisse avoir des conséquences à si long terme et, d’autre part, que parfois ces conséquences ne soient pas immédiates ? Des chercheurs indiens ont récemment mené une étude qui analyse l’effet du stress sur l’amygdale, un noyau situé dans la région interne du lobe temporal. Connu pour être responsable de la gestion des émotions, il est suractivé chez les patients présentant un PTSD. L’étude suggère qu’un seul évènement stressant pourrait métamorphoser la structure de l’amygdale : de nouvelles synapses y seraient créées, ce qui provoquerait une augmentation de l’activité électrique. Les chercheurs ont aussi mis en évidence dans ce phénomène le rôle d’une protéine bien connue pour son rôle dans la mémoire et la consolidation des souvenirs (la NMDA-R). Leurs expériences, menées chez les rats, consistaient à induire un stress en immobilisant l’animal pendant deux heures. Cette procédure standard a fait ses preuves et est généralement répétée pour induire un stress chronique, mais ici, elle n’était réalisée qu’une seule fois. L’activité physiologique des rats était ensuite mesurée durant 10 jours. Ce stress aigu n’avait pas d’effet immédiat sur l’amygdale, mais 10 jours plus tard, les animaux commençaient à montrer des signes d’anxiété, et l’architecture de cette structure cérébrale était modifiée. Enfin, bloquer les récepteurs NMDA-R des rats pendant le stress induit permettait aux chercheurs de garder l’amygdale et son activité intactes. Pour Farhana Yasmin et son équipe, il est important de s’intéresser davantage aux effets physiologiques non immédiats des traumas, même isolés, et de miser sur la piste du blocage des récepteurs NMDA-R. Ainsi, peut-être que demain, plus rien ne pourra nous effrayer…

Source Le Cercle Psy