Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Le Figaro : Le nombre d’hospitalisations sans consentement en Psychiatrie augmente

Le Figaro : Le nombre d’hospitalisations sans consentement en Psychiatrie augmente

le 6 novembre 2017

Entre 2012 et 2015, le nombre de personnes internées en psychiatrie sans consentement a enregistré une hausse de 15%.

Le film «Vol au-dessus d’un nid de coucou», basé sur le roman éponyme de Ken Kesey (1962), raconte l’histoire d’un homme qui, pour échapper à la prison, se fait interner dans un hôpital psychiatrique. Touché par la détresse des autres pensionnaires, l’homme - incarné par Jack Nicholson — les entraîne à la rébellion. En réponse, l’hôpital lui inflige une lobotomie, contre sa volonté. Si la médecine psychiatrique n’a aujourd’hui plus rien à voir avec celle évoquée dans ce film (la lobotomie n’est plus pratiquée en France), la question du constement aux soins en psychiatrie est, elle, toujours d’actualité.

Selon une étude publiée en février 2017 dans la revue Questions d’économie de la Santé , plus de 92.000 personnes ont été hospitalisées au moins une fois sans leur accord en psychiatrie en 2015 en France. Soit environ 5% des 1,7 million de personnes suivies en psychiatrie la même année. Une tendance à la hausse, puisque le nombre de personnes soignées contre leur gré a augmenté de 15% entre 2012 et 2015. Ces personnes étaient en majorité des hommes (60%), avec une moyenne d’âge de 43 ans. Près de la moitié souffrait de troubles schizophréniques ou psychotiques. «Ce sont donc les personnes souffrant des troubles psychiatriques les plus sévères qui nécessitent plus fréquemment que les autres, à un moment de leur parcours de soins, une prise en charge non consentie», analysent les auteurs de l’étude.

Un nouveau mode de placement sans consentement

En France, le consentement du patient est indispensable à toute prise en charge thérapeutique. Mais cette disposition, inscrite au Code de la Santé Publique, connaît toutefois une exception: pour les personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères affectant la conscience, le recours aux soins sans consentement est autorisé. L’hospitalisation forcée peut se faire sur la décision d’un représentant de l’État, s’il y a atteinte à la sûreté des personnes ou à l’ordre public, ou sur demande d’un tiers.

Plus récemment, une loi de juillet 2011 a introduit un nouveau mode de placement appelé «admission en soins psychiatriques en cas de péril imminent», supposé favoriser l’accès aux soins des personnes isolées ou désocialisées. Le recours à cette mesure ne peut avoir lieu qu’en cas d’absence d’un proche et il doit être motivé par un certificat médical établi par un médecin extérieur à la structure d’accueil. 

Source Le Figaro