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Le Figaro : Psychotropes et conduite, des pictogrammes insuffisants

le 29 août 2016

[Le Figaro] Malgré l'introduction de ces symboles en 2007, le nombre de patients responsables d'accidents de la route ayant consommé des médicaments psychotropes est en légère hausse.

Les triangles de couleurs apposés sur les boîtes de psychotropes pour alerter d'une incompatibilité avec la conduite ne permettent pas de réduire le nombre d'accidents de la route liés à ces médicaments en France, selon une étude réalisée par une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Les résultats montrent en effet que, parmi les responsables d'accidents routiers, on trouve de plus en plus de consommateurs de somnifères et de médicaments contre l'anxiété, de la famille des benzodiazépines anxiolytiques et des hypnotiques apparentés aux benzodiazépines.

«Notre étude ne remet pas en cause l'usage de ces pictogrammes, par contre elle montre clairement qu'ils ne suffisent pas», affirme au Figaro Emmanuel Lagarde, l'un des auteurs de l'étude publiée lundi dans la revue British Journal of Clinical Pharmacology. Apparu en 1999, le premier pictogramme distinguant les médicaments à risque pour la conduite était un simple triangle noir. Il figurait sur près d'un produit sur trois. L'étude rappelle que sa mise en place avait entraîné une baisse significative du nombre de consommateurs de psychotropes impliqués dans des accidents de la route. Ce logo unique a été remplacé par un système davantage adapté à la diversité des risques secondaires à ces substances, deux triangles orange et rouge en janvier 2007, auxquels s'est ajouté un triangle jaune en 2009.

Légère augmentation

Afin de déterminer l'efficacité des pictogrammes orange (qui demande au patient de faire preuve de prudence et de «ne pas conduire sans l'avis d'un professionnel de santé») et rouge («ne pas conduire»), les scientifiques de l'Inserm ont collecté les données de 142.763 conducteurs impliqués dans un accident de la route entre 2005 et 2011, à partir des registres de la Police nationale et de l'Assurance maladie. En fonction de l'année de l'accident, chaque personne a été répartie dans l'une des quatre périodes suivantes: août 2005 à décembre 2006 (avant l'instauration des nouveaux pictogrammes), janvier 2007 à mai 2008 (mise en place du nouveau système), puis juin 2008 à décembre 2009 et janvier 2010 à décembre 2011 (apparition du triangle jaune - «soyez prudent, lisez attentivement la notice avant de conduire»).

Alors qu'une baisse significative de la proportion de consommateurs de médicaments «à risque» parmi les automobilistes accidentés était attendue, il n'en a rien été. Les chercheurs ont même noté une légère augmentation, parmi les responsables d'accidents de la route, du nombre de patients traités avec des benzodiazépines anxiolytiques ou des hypnotiques apparentés aux benzodiazépines. Une proportion qui dépasse même les pourcentages relevés au moment de la mise en place de l'unique pictogramme noir.

Source Le Figaro