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Le Figaro : Se réconcilier avec son corps et avec soi-même

le 27 juin 2017

[Le Figaro] On compte différentes voies pour s’accepter davantage. Les thérapies par la parole, les méthodes de relaxation pour être en accord avec son schéma corporel ou même rire de soi... sont autant de méthodes qui ont fait leurs preuves.

Toute psychothérapie vise d’une certaine façon à restaurer l’estime de soi, ou à tout le moins à ce que le patient puisse vivre avec ses limites, ses imperfections, ses complexes. Des narcissiques imbus d’eux-mêmes, les professionnels confient en voir assez peu. Ce sont surtout les victimes de ces séducteurs qui consultent. Timidité, difficulté à faire des choix, addiction à l’alcool ou au travail, dépendance affective… Nous l’avons vu, l’expression de la maltraitance envers soi peut prendre de multiples formes. Voici trois approches parmi les plus efficaces.

Psychothérapies verbales

Oser mettre en mots son mal-être, dire combien l’on se mésestime et plus précisément là où «le bât blesse» est l’axe central de toutes les psychothérapies d’inspiration psychanalytique, ainsi que d’autres écoles telles que l’analyse transactionnelle, la gestalt-thérapie... Pour Freud, c’est la qualité du lien avec l’analyste - appelée transfert - qui permet à un patient de «rejouer» dans le présent des relations frustrantes de son enfance. Car c’est l’attachement que l’on a eu avec son père, sa mère qui détermine le regard que l’on pose sur soi: «Comment a-t-on été aimé pour pouvoir s’aimer et aimer au moment d’être parent?», résumait la psychanalyste Elsa Cayat dans son ultime essai La Capacité de s’aimer (Ed. Payot). Avec son psychanalyste, le patient revient sur son histoire familiale, les événements marquants de sa vie et comment ceux-ci ont pu entacher la vision qu’il a de lui-même aujourd’hui.

Dans les thérapies comportementales et cognitives (TCC), patients et psychothérapeutes explorent le présent et les pensées «toxiques» («je ne vaux rien», «cela n’arrive qu’à moi»...) qui inhibent la personne en l’envahissant de manière souvent obsessionnelle. En décryptant mieux ces mécanismes, la thérapie - dite brève parce qu’elle est moins longue qu’une psychanalyse - donne des outils concrets pour moins se laisser miner au quotidien.

Relaxation

Pour les problématiques focalisées sur la dimension physique (difficulté à mincir, à dépasser un complexe…), il est recommandé de choisir les thérapies qui travaillent, comme l’hypnose, avec des patients en état modifié de conscience: la personne est comme assoupie mais perçoit tous les stimuli extérieurs. Michèle Freud, psychothérapeute et sophrologue, qui a notamment publié Mincir et se réconcilier avec soi (Ed. Albin Michel), explique cette démarche: «il s’agit de travailler autour de l’image de soi, de la confiance en soi et d’œuvrer en réhabilitation du corps comme un lieu de vie, comme un lieu sécure». Pour ce faire, le thérapeute amènera son patient à identifier ce qui se cache derrière ses comportements de maltraitance envers lui-même (crises de boulimie, achats compulsifs...): besoin manquant, émotion niée… Souvent, c’est la peur du manque, du vide, de la solitude qui pousse à adopter le comportement destructeur comme un ersatz… Mais de quoi? «Il s’agit de le comprendre pour le dépasser», explique la psychothérapeute.

Source  Le Figaro