Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Le Monde - Blogs : Quand l’anorexie mentale touche l'homme adulte

Le Monde - Blogs : Quand l’anorexie mentale touche l'homme adulte

le 11 décembre 2017

Contrairement à une idée largement répandue, l’anorexie mentale, maladie à forte prédominance féminine, affecte également les hommes. Les formes masculines sont rares mais bien réelles.

Des cliniciens français rapportent dans le numéro de décembre 2017 de la revue Annales Médico-psychologiques quatre observations détaillées sur les douze cas masculins qu’ils ont suivis depuis 2014. Deux hommes étaient âgés de 18 et 19 ans, six avaient entre 20 et 30 ans, trois autres entre 40 et 45 ans et un patient avait 60 ans. L’originalité de cette publication tient au fait que les cas rapportés sont des adultes alors que les études publiées dans la littérature médicale concernent la plupart du temps des adolescents.

Sur les douze cas rapportés, le trouble des conduites alimentaires avait débuté dans la petite enfance chez trois patients. Le plus souvent, il était apparu entre 13 et 19 ans.

Un cas clinique, exemplaire, a retenu mon attention. Elle concerne un étudiant de 26 ans, célibataire et vivant seul. Diplômé d’une école d’ingénieurs en robotique, il se décide à consulter dans l’unité dédiée aux troubles des conduites alimentaires du service de médecine interne du centre hospitalier Pellegrin (CHU de Bordeaux). Ce jeune homme est adressé par la médecine universitaire pour « dénutrition, troubles du comportement alimentaire et addiction au sport ».

À son arrivée dans le service, le Dr Claire Seriès et ses collègues constatent que « son alimentation est très réduite : il ne fait qu’un repas par jour, sans viande, sans produits laitiers, sans graisse. Il ne consomme que des légumes biologiques, des graines, et du riz qu’il ne fait cuire qu’à moitié »  afin, explique-il, qu’il ne soit pas assimilé par l’organisme. Ce patient présente une fonte musculaire importante, un teint jaune pâle, un gonflement des jambes (œdèmes déclives). Malgré cet état inquiétant, il fait du sport de façon intensive. Il ne pèse que 65 kg pour 1,85 m. Son IMC (indice de masse corporelle) n’est que de 19, ce qui correspond à un état de maigreur. Le bilan biologique sanguin montre la présence d’anomalies métaboliques importants.

Lire la suite sur Réalités Biomédicales , le blog de Marc Gozlan (journaliste médico-scientifique).