Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Le Monde : Les lycéens français consomment moins d’alcool et de tabac

Le Monde : Les lycéens français consomment moins d’alcool et de tabac

le 22 septembre 2016

[Le Monde] Serait-ce le signe d’un changement d’époque ? Les lycéens français ont nettement diminué leur consommation de tabac et d’alcool ces cinq dernières années, tout comme la plupart des élèves du même âge en Europe. C’est le principal enseignement de la cinquième édition de l’enquête Espad (European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs) menée en avril et juin 2015 auprès de 6 642 lycéens en France métropolitaine et auprès d’élèves de 15-16 ans de 34 autres pays européens.

Ces bons chiffres, publiés mardi 20 septembre par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), concernent d’abord les élèves de 2de et de 1re, ceux de terminale continuant d’afficher des niveaux de consommation relativement proches de ceux de 2011. Au cours de cette période, l’usage régulier de cannabis, lui, est resté stable.

Après une hausse en 2011, qui avait interrompu une baisse entamée en 1999, tous les indicateurs liés à la cigarette sont repassés au vert. Quand deux tiers (66 %) des élèves de 2de avaient déjà fumé une cigarette en 2011, ils ne sont plus que 57 % en 2015. Soit une baisse significative de neuf points. Côté consommation, si près du tiers (31 %) des lycéens fumaient au moins une cigarette par jour en 2011, ils ne sont plus qu’un petit quart (23 %) à le faire en 2015.

« Soit la nouvelle génération qui arrive est moins consommatrice, soit l’âge d’entrée dans les usages a été repoussé, on ne peut pas encore trancher » , explique François Beck, le directeur de l’OFDT. Hausses successives du prix du tabac, interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs depuis 2009, interdictions successives de fumer dans les transports en commun, dans les lycées, etc. « Toutes ces mesures ont abouti à une dénormalisation du tabac pour les adolescents d’aujourd’hui », relève François Beck. « Le paquet neutre va être un élément supplémentaire important de cette dénormalisation » , ajoute Danièle Jourdain-Menninger, la présidente de la Mission interministérielle de lutte contre les conduites addictives (Mildeca), qui juge « encourageants » les chiffres de l’enquête Espad.

Quelques bémols viennent cependant nuancer ces bons résultats. Les élèves des filières professionnelles demeurent de plus gros fumeurs. En terminale par exemple, ils sont proportionnellement deux fois plus nombreux à fumer plus de dix cigarettes par jour (9,1 %) que ceux des filières générales et technologiques (4,9 %). Et le pourcentage d’adolescents français de 16 ans disant avoir consommé une cigarette au cours des trente derniers jours (26 %) reste supérieur à la moyenne de 34 autres pays européens (22 %).

Recul de l’âge du premier verre

Autre phénomène qui vient ternir ces chiffres positifs, une nette « période d’intensification du tabagisme » au moment de la classe de terminale. La « diffusion plus tardive des usages à l’adolescence est (…) en partie remise en cause par la hausse des usages parmi les élèves de terminale dont les niveaux égalent ceux observés au même âge en 2011 » , constate ainsi l’OFDT. Alors que 19 % des élèves de 2de fument tous les jours en 2015, ils sont 28 % à fumer quotidiennement en terminale (ils étaient 31 % en 2011). Un phénomène de rattrapage qui devrait pousser les pouvoirs publics à concentrer leurs efforts de prévention sur la classe de terminale.

Source Le Monde