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Le Parisien : Les psychotropes et les affections mentales coûtent de plus en plus cher

le 7 juin 2017

[Le Parisien] Une étude de l'Assurance maladie met en évidence l'étonnant poids économique des pathologies mentales, dépressions incluses, en France. Une expérimentation va débuter.

Les Français seraient-ils anormalement sujets aux pathologies mentales (dépressions et autres troubles plus profonds) ? L'étude que vient de réaliser la Caisse nationale d'assurance maladie à partir des soins qu'elle rembourse fait en tout cas froid dans le dos et confirme l'existence d'un réel et profond mal-être dans la population.

Cela représente 14,6 % des remboursements de l'assurance maladie

Sur les 133,6 millions d'euros de soins remboursés en 2015, l'Assurance maladie en a consacré... 19,3 aux traitements psychiatriques et aux psychotropes. C'est plus que pour le traitement des cancers (14,1 Mds€) ou celui du diabète (6,8 Mds€). Si l'on fait une projection sur les autres régimes obligatoires (MSA, RSI...), le coût de la prise en charge des psychotropes et des traitements psychiatriques atteint 22,5 millions d'euros chaque année en France pour ces pathologies souvent passées sous silence.

«Ce chiffre nous a surpris par son ampleur», rapporte Christelle Gastaldi-Ménager, du département des études sur les pathologies, à la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie), qui n'avance pas de causes. Mais on peut imaginer que la crise sociale et économique traversée depuis 2008 a fait son œuvre.

6 millions de Français concernés

Combien sont ces patients de l'ombre ? Sur les 57 millions d'assurés au régime général, 1,8 million ont reçu des soins en 2015 pour «maladies psychiatriques», selon l'étude. Il faut également considérer les 5,3 millions de consommateurs de psychotropes. Sur l'ensemble des régimes, ils sont 6 millions.

La situation semble s'aggraver, selon le docteur Ayden Tajahmady, adjoint à la direction des études et des statistiques de la Cnam. «Entre 2012 et 2015, la dépense a augmenté de 1,3 Md€ », constate-t-il.

Les femmes davantage touchées

L'enquête pointe par ailleurs une inégalité devant ce type de pathologies puisque, à 55 ans, par exemple, une femme sur dix consomme régulièrement des psychotropes ; c'est deux fois plus que chez les hommes. Passé 75 ans, 34,8 % des femmes y ont recours contre seulement 22,5 % des hommes.

Vers une hausse de 11 % en 2020    

L'étude de la Cnam fait une projection à 2020 des pathologies des Français. S'agissant des malades psychiatriques et consommateurs d'antidépresseurs et anxiolytiques, leur nombre va encore grimper de 11 %, soit 246 000 cas supplémentaires. Essentiellement du fait du vieillissement et de l'augmentation de la population française.

Une expérimentation mise en place    

Cette étude a aussi permis de constater une prise en charge centrée en France sur le médicament, a contrario de nos voisins qui remboursent mieux les psychothérapies.    

Une expérimentation va donc être lancée au second semestre 2017 sur trois territoires. Elle visera les patients dépressifs légers qui bénéficieront de la prise en charge de psychothérapies assurées par des psychologues cliniciens, et non des médecins psychiatres (déjà en partie pris en charge).

Source  Le Parisien