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Libération : Neuroféminisme contre neurosexisme

le 7 juin 2018

Bien avant l’IRM, des savants ont voulu légitimer les inégalités de genre par le cerveau. Les neurosciences prolongent cette tradition. Mais les scientifiques féministes s’organisent.

La critique féministe cible régulièrement des publications neuroscientifiques. Non que les neurosciences soient plus traversées par le sexisme que les autres sciences mais elles bénéficient d’échos médiatiques considérables. Quelques exemples donneront une idée du neurosexisme et du neuroféminisme, pour reprendre des anglicismes courants.

Avant l’invention des IRM, des savants s’appuyaient déjà sur l’anatomie post mortem des cerveaux afin de trouver des différences entre les sexes susceptibles d’expliquer les inégalités de genre. L’écart entre les volumes moyens des cerveaux masculins et féminins a permis pendant longtemps d’affirmer l’infériorité intellectuelle des femmes. Plus récemment, un article de la prestigieuse revue Science  de 1982 affirmait des différences de volume dans les corps calleux des hommes et des femmes, ensemble de fibres nerveuses qui relient les hémisphères et les lobes entre eux. Une décennie plus tard, les scientifiques glosaient sur les conséquences fonctionnelles que ces variations engendreraient. En 2013, une étude publiée dans PNAS , revue de l’Académie des sciences des Etats-Unis, affirme avoir trouvé des différences significatives dans les connectivités cérébrales entre hommes (plus intrahémisphériques) et femmes (interhémisphériques).

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