Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > Pourquoi Docteur : La souffrance, du deuil "normal" au deuil pathologique

Pourquoi Docteur : La souffrance, du deuil "normal" au deuil pathologique

le 10 novembre 2017

A l’occasion de la Toussaint, Pourquoi Docteur s’interroge sur le deuil. S’il est un passage obligé à la perte d’un proche, il peut avoir des effets dévastateurs chez une personne. Jusqu’à devenir une maladie : le deuil pathologique. 

Perdre un proche est une expérience que chacun est amené à vivre un jour. Le deuil qui l’accompagne est, lui, individuel. La manière dont on l’endure dépend de notre santé physique, mentale et psychologique. Chez les personnes les plus fragiles ou les plus traumatisées, le deuil peut devenir une maladie, qui s’accompagne de réels symptômes. On parle alors de deuil pathologique. Mais comment savoir si je vis un deuil « normal » ou si je suis malade ? 

Qu’est-ce que le deuil ? 

Selon la définition du dictionnaire Larousse, le deuil est la douleur éprouvée à la suite du décès de quelqu’un. Il désigne aussi le processus psychique vécu à la perte d’une personne que l’on aime. 

Au XXème siècle, c’est le psychanalyste Sigmund Freud qui introduit la notion de « travail de deuil ». Pour lui, le deuil ne s’applique pas uniquement à la perte d’une personne mais aussi d’un animal, d’un objet, voire d’un idéal. Toute disparition peut mener à un travail de deuil. Ce dernier est en plusieurs phases, jusqu’à celle, libératrice, de la fin du deuil : la reconstruction. 

Généralement on considère le processus de deuil en cinq phases : le refus, la colère, la dépression, la régression et l’acceptation. 

Des moments de deuil peuvent évidemment resurgir parfois. Notamment lors de dates-anniversaires, de fêtes. Nous savons bien que, face à la disparition d’un être cher, nous ne vivons pas le deuil de la même manière. Le deuil peut être plus ou moins long, s’accompagner de plus ou moins de larmes, de rage. Voire de tristesse. Mais cela est normal.

Le deuil compliqué, ou la lente reconstruction

On parle de deuil compliqué quand celui-ci s’étire particulièrement dans le temps et quand il s’accompagne aussi d’une souffrance très forte.

Souvent, les personnes qui vivent un deuil compliqué sont celles qui ont aussi beaucoup de mal à accepter la disparition de leur proche, celles qui sont dans un déni profond. Le travail de deuil commence alors beaucoup plus tard. Le deuil compliqué peut aussi s’accompagner d’une période de dépression chronique. 

En d’autres mots, le deuil compliqué est vécu de manière plus forte et plus longue. Mais on ne parle pas de pathologie, de trouble mental. 

Pourtant, deux organisations ont récemment pris des mesures pour faire entrer le deuil compliqué dans le classement officiel des maladies. Il s’agit de l’American Psychiatric Association, à travers son manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour sa classification internationale des maladies (ICD). 

Source Pourquoi Docteur