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Sciences Humaines : Psychologie positive, la science du bien-être

le 4 mai 2016

[Sciences Humaines] Au cours du 20e siècle, la psychologie a fait d’importantes avancées pour accompagner par exemple la dépression, l’anxiété, les troubles obsessionnels-compulsifs ou encore les troubles des conduites alimentaires. Mais en dressant le bilan de ces progrès, les psychologues Martin Seligman et Mihaly Csikszentmihalyi, des universités de Pennsylvanie et Claremont, ont souhaité impulser un nouvel élan pour la recherche : élargir les perspectives en s’intéressant au développement humain, prendre davantage en compte des sujets alors peu étudiés tels que la créativité, l’ouverture d’esprit ou l’altruisme.

À travers ses recherches empiriques, la psychologie positive constitue ainsi une orientation récente centrée sur l’étude des déterminants du bien-être et sur les caractéristiques individuelles, collectives et institutionnelles permettant de faire face aux défis rencontrés par les personnes et les sociétés. Par exemple, comment comprendre que certains individus soient « résilients » (capables de réagir et d’avancer de manière constructive même après des expériences traumatiques) ? Qu’est-ce qui favorise les comportements de coopération ? Comment se fait-il que certaines personnes victimes d’un accident rapportent un degré de bien-être aussi élevé qu’avant la catastrophe ? Autant d’énigmes auxquelles s’intéresse la psychologie positive.

L’une des énigmes à laquelle la psychologie positive s’est intéressée concerne par exemple les relations entre ressources matérielles et bien-être, tant au niveau individuel (liens entre bien-être et revenus…) que collectif (liens entre produit intérieur brut et santé mentale…). Or, il ne semble pas exister de lien direct entre ces variables. Par exemple les gagnants à la loterie, quelques mois après leur gain, ne sont pas plus heureux que les joueurs qui ont perdu. Ils semblent même moins satisfaits de leur quotidien : l’abondance obtenue projetterait le reste de l’existence dans la grisaille. De telles recherches conduisent la psychologie positive à une double prise de conscience : d’abord, l’élévation des richesses peut avoir un effet néfaste sur le bien-être si les inégalités sociales se creusent ; ensuite, ce qui contribue le plus au bonheur humain tient à la nature des interactions sociales.

Source Sciences Humaines