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Slate : La grande farce de la dépendance aux smartphones

le 21 septembre 2015

[Slate] À force de vouloir médicaliser chacun de nos comportements liés aux nouvelles technologies, nous perdons de vue le vrai sens du mot addiction.

Le terme dépendance au smartphone s’est imposé en 2012, époque où les requêtes Google pour cette expression ont commencé à décoller. Au départ, il s’agissait d’un phénomène social tenant davantage de la plaisanterie que d’un diagnostic médical. Mais un déferlement continu de gros titres alarmistes et de statistiques lugubres semble avoir eu raison de notre bon sens et nous avoir rendus vulnérables à l’idée inepte selon laquelle l’usage excessif du smartphone est réellement une maladie. Les spécialistes des addictions comportementales aimeraient la rendre officielle et ranger la dépendance au téléphone portable aux côtés du jeu, des excès de table, des crises de nerf et de tout un tas d’autres embêtements considérés aujourd’hui comme des pathologies à part entière.

Ce processus de médicalisation de la dépendance au smartphone a été lancé lorsque des chercheurs se sont mis à publier d’ennuyeux discours universitaires sur ce qui jusqu’alors n’avait été qu’une curiosité de la culture populaire. Les experts ont inventé d’inquiétants néologismes comme la ringxiety (l’anxiété provoquée par une sonnerie ou des vibrations fantômes) et le phubbing (contraction de snubbing—snobisme, et de téléphone—qui consiste à ignorer les personnes en face de vous en faveur de votre téléphone).

Source Slate