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Slate : Le bonheur est-il dans le champ psychanalytique ?

le 19 août 2015

[Slate] Un ouvrage d'Antonino Ferro et Roberto Basile se consacre à la réhabilitation du champ analytique, un concept clinique boudé par la communauté psychanalytique pendant cinquante ans. Sa recension est proposée ici avec les agréments d’une fable de La Fontaine : «Le laboureur et ses enfants». 

Dans une séance de travail psychanalytique, le fonds de pensabilité vient moins à manquer que les stratégies défensives de l’analyste. C’est, en substance, ce que soutient cet ouvrage collectif dirigé par Antonino Ferro et Roberto Basile. Le développement de la psychanalyse de(s) groupe(s) nous avait familiarisé avec une pensée intersubjective qui ramifie et transcende la somme des unités intrapsychiques qui la composent. Le champ analytique propose ce postulat au couple analysant-analyste et s’intéresse à la gestalt émotivo-sensorielle inédite créée par le chevauchement des deux champs psychiques. 

Bâti sur les galeries souterraines du processus transférentiel, le champ apparait comme le plancher d’un théâtre onirique où transitent les personnages de la séance, ces«hologrammes du fonctionnement mental de la paire analytique»  qui incarnent les charges émotionnelles remises en jeu dans le travail. L’exploration du monde intrapsychique du patient se meut ainsi en exploration du champ: ses héros, ses fantômes, ses figurants mais également ses turbulences, sa capacité à figurer les poussées proto-émotionnelles qui s’y manifestent ou à s’en rendre malade. Dans ce modèle, la maladie du patient devient maladie –relationnelle– du champet l’ambition thérapeutique est sa restructuration au fil des sentiers narratifs (ré)ouverts par le processus analytique.

Source Slate