Vous êtes dans : Accueil > Actualités > À lire, à voir, à écouter > The Conversation : Antidouleurs, attention à la dépendance !

The Conversation : Antidouleurs, attention à la dépendance !

le 15 juin 2017

[The Conversation] Cinq cas d'intoxication grave à la codéine, dont deux décès, ont été signalés chez des adolescents depuis le début de l'année, selon l'Agence nationale de sécurité du médicament. Ces médicaments antidouleur (Klipal, Codoliprane), en vente libre dans les pharmacies, sont détournés de leur usage par des jeunes qui l'utilisent comme drogue, sans mesurer le risque d'addiction et de surdosage mortel.

La mère de la dernière victime, une jeune fille de 16 ans habitant les Yvelines, a expliqué dans le quotidien Le Parisien du 9 juin qu'elle n'avait rien soupçonné de cette consommation.

De leur côté, des patients auxquels on a prescrit d'autres médicaments contre la douleur, plus puissants et délivrés seulement sur ordonnance, se retrouvent eux aussi dans la dépendance. Le phénomène, qui existe en France, est plus marqué encore aux États-Unis. Un état américain, l’Ohio, a ainsi porté plainte le 31 mai contre cinq fabricants d’antidouleurs à base d’opaciés, les accusant d’avoir dissimulé les risques d’addiction – en particulier pour l'oxycodone (Oxycontin).

De tels médicaments, généralement prescrits pour les suites d’une opération chirurgicale ou contre une douleur chronique, comportent en effet un risque d’addiction certain. Ils peuvent également provoquer la mort par surdosage.

Mieux connaître les différents antalgiques, également appelés analgésiques, permet à chacun de rester vigilant, notamment s’il est amené à utiliser les plus forts d’entre eux. Certains signes doivent alerter le patient. Ils sont des indices que sa consommation devient « problématique » – terme utilisé par les addictologues pour désigner l’entrée dans la zone rouge précédant la véritable addiction.

La douleur chronique, un mal répandu

Ce sont les douleurs chroniques, persistant au-delà de 3 à 6 mois, qui peuvent entraîner un problème de dépendance – et non les douleurs aiguës comme celle d’un abcès dentaire. Plus de 30 % des Français souffrent de douleur chronique, selon une étude publiée en 2008. Dans les deux tiers des cas, ces douleurs sont d’intensité modérée à sévère – une qualification subjective, puisqu’il n’existe pas de moyen de mesurer la douleur. Elles affectent davantage les femmes et les catégories socioprofessionnelles les moins favorisées.

Si le niveau de la douleur est subjectif, on peut néanmoins suivre ses variations dans le temps chez une personne donnée, grâce à des échelles d’auto-évaluation chez les adultes, ou des échelles comme Dompoplus ou Algoplus pour les personnes incapables de communiquer. Ces outils permettent notamment de vérifier que le traitement est parvenu à la réduire.

En fonction de l’intensité de la douleur, trois groupes d’antalgiques peuvent être utilisés, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour les douleurs d’intensité légère à modérée, on aura recours aux antalgiques de palier I, dits périphériques (car ils n’ont pas d’action sur les récepteurs opioïdes de notre système nerveux). Il s’agit du paracétamol, de l’acide acétylsalicylique (aspirine) et des autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène, à dose modérée.

Source The Conversation