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The Conversation : Rentrée et stress, comment ne pas se retrouver dans la zone rouge

le 7 septembre 2016

[The Conversation] Chacun aimerait prolonger indéfiniment le bénéfice des vacances, au-delà de la rentrée. Garder l’insouciance et la légèreté gagnées à la plage, rester de bonne humeur. Seulement le quotidien reprend rapidement ses droits, et avec lui, le stress.

Le mois de septembre marque la fin de l’été et s’ouvre sur un programme généralement moins réjouissant : la reprise des études ou du travail, l’approche de l’automne. Nous avons tous des souvenirs de stress de cette période, plus ou moins intenses, rattachés notamment aux retours en classe de notre enfance. Mais l’anxiété normale dans cette phase de changement peut, chez certains, prendre des proportions alarmantes. D’autant plus dans le contexte actuel de menace terroriste. Des moyens existent pour éviter de se retrouver, trop tôt, trop vite, dans la zone rouge.

Nous, psychologues, sommes souvent interrogés sur la différence entre l’anxiété normale et l’angoisse pathologique. De fait, la frontière est mince. L’anxiété, comme sa grande sœur la peur, est une émotion indispensable à la vie : elle permet de mieux réagir aux dangers, d’anticiper, de s’adapter au monde. Mais, à un degré élevé, elle se révèle envahissante, douloureuse et perturbante. Tout comme la peur devient phobie quand elle prend systématiquement le contrôle de la personne dans une situation donnée, l’anxiété devient pathologie quand elle perturbe durablement le corps et l’esprit dans son rapport à l’avenir.

Palpitations, tremblements, manque d’appétit

Pour la majorité d’entre nous, les perturbations induites par le (mini-)événement de la rentrée restent modérées. Elles peuvent être fortes le jour même ou la veille, marquées par une tension nerveuse, des difficultés à se concentrer et à tenir en place, des troubles du sommeil ou de l’appétit et une très grande diversité de signes physiques propres à chaque individu : troubles digestifs, bouffées de chaleur, palpitations, tremblements, etc.

Ces symptômes ne sont pas paralysants et surtout, ils sont passagers, disparaissant au bout de quelques heures, quelques jours au grand maximum. Ils sont là pour nous maintenir en alerte et signaler à notre organisme, corps et esprit, qu’un cap délicat doit être franchi. Il s’agit bien d’une anxiété normale, proportionnée, qui s’explique par la nouveauté et l’incertitude : qui vais-je avoir comme nouveaux collègues ? Quels seront les objectifs de la saison ? De quelle humeur sera mon chef ? La situation ne se présente qu’une fois par an et son caractère quelque peu dramatique est souvent amplifié par le discours ambiant et médiatique.

De plus, comme dans toute émotion, le poids du passé et de la mémoire est important, quoique plus ou moins conscient, avec les reviviscences des jours de la rentrée des classes dans l’enfance.

Tout ceci conduit à une tension que l’on peut qualifier de positive, car elle permet d’être présent et motivé. Beaucoup de personnes ressentent d’ailleurs un réel plaisir à cette excitation. Le sentiment de bien-être est même décuplé après coup quand, finalement, l’obstacle est franchi et qu’on se dit que « c’était peu de choses en fait », avec la satisfaction d’avoir réussi un petit challenge personnel.

Source The Conversation