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The Conversation : Santé mentale, quand les animaux soignent

le 7 septembre 2017

Des animaux en renfort, à l’hôpital psychiatrique ? Cela existe depuis 2010 à l’hôpital Philippe Pinel d’Amiens, où 259 patients ont déjà bénéficié du soutien d’un chien. Le but est de les aider à s’ouvrir sur l’extérieur, et donc à guérir plus rapidement.

L’établissement picard est le seul en France, pour le moment, à utiliser ce qui se nomme la cynothérapie. Mais l’idée de mettre des animaux au contact de malades psychiatriques à des fins thérapeutiques s’avère prometteuse.

En réalité ancienne, cette pratique remonte, précisément, à 1792, lorsque des protestants quakers anglais décidèrent de placer des patients en compagnie de lapins ou de poules, dont ils devaient s’occuper. Le but était d’induire chez eux un plus grand contrôle émotionnel. Après cette première expérimentation, les animaux font progressivement leur entrée dans les hôpitaux psychiatriques. Certains établissements commencent à adopter des chiens pour favoriser la socialisation entre les résidents.

Aujourd’hui, en plus des chiens, on utilise des chats, des lapins, des canaris, des chevaux, des lamas ou même des dauphins, dans le cadre de ce qu’on appelle la zoothérapie ou la médiation animale. Ces animaux sont mobilisés dans les troubles mentaux, mais aussi chez les personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ou les personnes autistes.

Chats, hamsters, perruches…

C’est aux États-Unis que les premières études scientifiques sont conduites. Dans les années 1960, le pédopsychiatre Boris M. Levinson obtient des résultats bénéfiques en utilisant le chien comme « co-thérapeute » de l’enfant présentant des troubles psychiatriques. Il fait figure de pionnier et inspire d’autres expérimentations.

Samuel et Elizabeth Corson, eux aussi psychiatres, testent les thérapies assistées par l’animal en individuel (un animal pour un patient). Sur un groupe de 50 patients, seuls trois restent indifférents, tandis que tous les autres améliorent leur capacité à communiquer avec d’autres personnes. D’autres formules seront testées avec succès : un chat par service dans un hôpital, des oiseaux dans les salles de groupes de parole, des séances hebdomadaires de soin prodigués par les patients à des hamsters ou même à des perruches…

Il faut cependant attendre les années 1980 pour que les travaux sur l’interaction homme-animal se systématisent. Des chercheurs américains observent l’effet positif des chiens sur le niveau de stress des personnes, qu’elles soient malades ou bien-portantes, à partir d’indicateurs tels que la tension artérielle ou le pouls. Une diminution de la pression sanguine est observée lorsque la personne « papouille » l’animal, et d’autant plus quand elle a un lien préexistant avec lui.

Source The Conversation