Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Comment agir > Action : Suicide, bien en parler pour sauver des vies

Action : Suicide, bien en parler pour sauver des vies

le 15 janvier 2018

Relayer un suicide dans la presse n'est jamais anodin. Si un commentaire nuancé et porteur d'espoir peut contribuer à éviter d'autres décès, un discours sensationnaliste et/ou explicite risque en effet au contraire d'encourager les " imitateurs "...

Lorsque le footballeur allemand Robert Enke a mis fin à ses jours, en 2009, son acte désespéré a été abondamment commenté par les médias, dont certains n'ont pas hésité à en détailler les modalités concrètes. Un an plus tard, des chercheurs de l'université de Munich ont observé que le nombre de suicides faisant intervenir cette même méthode avait augmenté de 117 %. Notre propre pays a connu un phénomène comparable dans la foulée du décès de l'ex-politicien flamand Steve Stevaert, médiatisé à grand renfort de détails morbides, avec une augmentation de 26,4 % du nombre de tentatives de suicide (et même un doublement parmi les personnes de sa génération) au cours des trois semaines suivant le drame.

D'après le Pr Gwendolyn Portzky, coordinatrice du centre flamand de prévention du suicide (VLESP), ces deux exemples illustrent parfaitement le rôle majeur que peut jouer la presse dans la prévention de ce type de drame. C'est pour cette raison qu'une série de recommandations ont été formulées en Belgique et au-delà pour aider les médias à tenir un discours responsable lorsqu'ils sont amenés à parler du suicide. " Je donne peut-être un peu l'impression de tomber dans l'hyperbole, mais la manière de parler du suicide peut vraiment sauver des vies. Dans un monde idéal, la médiatisation de ce geste devrait être un levier vers une aide adaptée. Mais dans les faits, c'est encore trop souvent le contraire qui se passe : les drames relayés dans la presse en provoquent d'autres. "

Lire la suite sur Le Vif