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Article : Manger pour calmer ses émotions, c'est normal

le 20 novembre 2015

[L'Express] Un événement stressant, un choc émotionnel, et soit on a l'appétit coupé, soit on se précipite sur de la nourriture réconfortante, ou comfort food. Doit-on s'en inquiéter? Le psychiatre Gérard Apfeldorfer nous éclaire.

Après un choc émotionnel, certains ont l'appétit coupé, d'autres se précipitent sur de la comfort food  (nourriture réconfortante): des biscuits, du chocolat, des plats riches... Est-ce normal? Doit-on s'en inquiéter? Gérard Apfeldorfer, psychiatre spécialiste des troubles du comportement alimentaire et président du Gros  (groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), nous répond. 

Manger de la comfort food  pour se remonter le moral, est-ce un comportement à risque? 

Manger pour calmer ses émotions est une conduite normale, ordinaire. Quand vous êtes triste, déprimé, ou stressé, vous pouvez très bien vous dire "je vais me taper un petit gueuleton" ou "je vais m'offrir un gâteau car ça va me remonter le moral". Après cela, peut-être que j'ai trop mangé, mais ce n'est pas grave car je suis calme maintenant et je peux attendre le retour de la faim pour manger à nouveau. Ce n'est pas pathologique, au contraire, c'est très bien. 

Ce qui est pathologique, c'est de ne pas y arriver. Le gâteau ou le repas ne me réconforte pas, car je culpabilise de le manger. C'est une restriction cognitive: les gens se créent des interdits alimentaires et, quand ils les franchissent, ils culpabilisent. Donc ils créent de nouveau une émotion négative, ce qui entretient un cercle vicieux. Je mange pour calmer mon stress, mais je stresse parce que j'ai mangé, puisque j'ai fauté. Et du coup je remange.  

Source L'Express