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Article : Prévenir pour abolir les inégalités de santé

le 21 juin 2016

[Libération] Plus que le revenu, c’est le type de médecine pratiquée qui maintient en bonne santé le plus grand nombre.

Les comparaisons internationales montrent clairement que les pays les plus riches sont aussi ceux où les indicateurs de santé sont les meilleurs : l’espérance de vie à la naissance est ainsi de 83 ans au Japon, contre seulement 57 ans en Afrique du Sud. Qui plus est, ce «gradient social» est également présent au sein de chaque pays : les inégalités se cumulent, puisque les individus bénéficiant d’un meilleur statut socio-économique sont également plus fréquemment en bonne santé que les autres. Ces inégalités sociales de santé sont plus fortes dans certains pays que dans d’autres. Les comparaisons internationales restent délicates puisque les indicateurs de santé comme les mesures de niveau socio-économique diffèrent d’un pays à l’autre. Toutefois, selon les études et les indicateurs retenus, la France se situe au mieux dans la moyenne des pays européens, au pire parmi les pays les plus inégalitaires, ceux où la différence de niveau de santé entre les plus pauvres et les plus riches est la plus nette. On retrouve ainsi, semble-t-il, un phénomène également avéré en ce qui concerne les inégalités vis-à-vis de l’éducation, mesurées dans les enquêtes Pisa : certes, les inégalités de revenu peuvent être plus faibles en France que dans d’autres pays, mais elles sont associées à de très fortes différences de résultats scolaires.

Les raisons de ces inégalités de santé sont mal connues. En ce qui concerne le lien entre revenu et santé, l’hypothèse longtemps dominante a fait peser la culpabilité sur l’accès aux soins, mieux garanti pour les plus riches lorsque ces derniers sont payants. Mais l’analyse d’une cohorte de fonctionnaires anglais a révélé dans les années 80 que de très fortes inégalités de santé persistaient entre les catégories supérieures et subalternes, alors même que tous bénéficiaient du même accès gratuit au système national de santé britannique. En revanche, d’autres facteurs comme la qualité du logement, de l’environnement ou de l’alimentation améliorent la santé des mieux lotis. Une autre explication propose une causalité inverse : ce n’est pas tant le revenu qui améliore la santé, mais l’inverse. Ainsi, être en meilleure santé confère une meilleure productivité, une capacité accrue à travailler, et, en définitive, un revenu plus élevé du travail.

Source Libération