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Article : "Schizo", "autiste", "mongolien", faut-il bannir ces mots pour ne plus avoir peur des maladies mentales ?

le 14 juin 2016

[HuffingtonPost] Les fous défilent dans Paris samedi 11 juin, à l'occasion de la 3e Mad Pride. Reprenant les codes de la Gay Pride, les personnes souffrant de troubles mentaux s'affichent dans la rueLeurs revendications? Que cessent les préjugés qui entourent les maladies mentales et la stigmatisation dont ils souffrent au quotidien. pour reconquérir l'espace public, aux côtés de leurs proches et des soignants.

 

Ces causes sont légitimes, mais un défilé, aussi médiatique soit-il, suffira-t-il à les faire avancer? Le mépris et la crainte que continuent d'inspirer les malades mentaux cesseront-ils parce qu'on les aura approchés et vus à la télévision?

L'association PromesseS demande donc à ce que les médias modifient leur perception de la maladie, à commencer par leur vocabulaire. Ainsi, l'une des militantes de l'association avait demandé au HuffPost  fin janvier 2016 de ne pas écrire "mère d'un enfant schizophrène" dans l'un de ses articles , mais "mère d'un enfant atteint de schizophrénie". Nous avons accepté de le faire parce que l'argument suivant nous a semblé imbattable: "On ne dit pas 'cancéreux', mais 'atteint d'un cancer', alors pourquoi dirait-on 'schizophrène' quand on sait que cette maladie est tout aussi stigmatisante?".

La nuance est intéressante. Elle vise à redonner de la chair à la personne derrière la maladie, à ne pas la cantonner à cette condition. Elle s'opère de plus en plus dans d'autres troubles mentaux, comme l'autisme ou la dépression. Les mots "autiste", "bipolaire" ou "dépressif" sont devenus insultants, or il faut pouvoir nommer les malades sans les stigmatiser.

S'il semble couler de source, l'argument pose tout de même un problème, selon le linguiste et professeur Alain Bentolila, interrogé par le HuffPost ...

Source HuffingtonPost