Vous êtes dans : Accueil > Actualités > Comment agir > Chronique : Combattre les clichés des troubles psychiques

Chronique : Combattre les clichés des troubles psychiques

le 7 avril 2017

La chronique de Philippe Croizon dans le Magazine de la Santé s'intéresse aux idées reçues autour des troubles psychiques et des initiatives existantes pour agir contre cette stigmatisation

Je pousse un nouveau coup de gueule aujourd'hui car si je vous dis qu’une personne sur 4 sera concernée au cours de sa vie, vous pensez à quoi ? A un trouble psychique ? Oui ce sont entre autres, la schizophrénie, la bipolarité, une dépression sévère et d’autres formes encore comme les troubles alimentaires ou les TOC. Ce sont en effet des handicaps qui concernent potentiellement chacun de nous ou nos proches et sont pourtant totalement invisibles.

Car nous sommes en plein dans les Semaines de la santé mentale, qui ont lieu du 13 au 24 mars 2017. C’est leur 28ème édition.

Au grand public afin d’ouvrir le débat et sensibiliser sur ces questions encore très taboues. Chaque année, pendant deux semaines, en mars, associations, citoyens et professionnels se mobilisent et organisent des manifestations d’information et de réflexion dans toute la France.

On a tous en tête l’image du tueur schizophrène en série, forcément psychopathe et sanguinaire. Le film "Split" est à l’affiche en ce moment : un monstre sadique avec 24 personnalités. Mais ce n’est qu’un exemple du type de fantasmes exploités par le cinéma. La liste est longue comme mon bras !

Oui c’est le cas en 2016 avec le clip de rentrée de l'émission "Touche pas à mon poste" qui stigmatisait les personnes avec un handicap psychique. On les voyait dans un hôpital psychiatrique, complètement hagards. Contacté par 2 associations, l'animateur Cyril Hanouna s’était par la suite excusé en direct. 

Oui, évidemment. Un récent sondage publié par la Fondation Falret révèle qu’un français sur quatre considère que la souffrance psychique est incompatible avec une activité professionnelle. Dans les pays européens, l’accès à l’emploi en milieu ordinaire est considérablement limité en cas de schizophrénie ou de troubles bipolaires. Cela peut être lié à la pathologie et ses manifestations mais aussi, largement, par la discrimination liée aux maladies mentales.

Oui elle s’appelle Clubhouse. Le concept est né après la 2ème guerre à New York et s’est ensuite répandu dans le monde entier mais n’est arrivé en France qu’en 2012. C’est vraiment un modèle innovant qui consiste à aider les personnes à sortir de leur isolement, notamment avec l’appui d’entreprises partenaires. Un premier lieu d’accueil a ouvert à Paris et deux autres devraient voir le jour à Lyon et Bordeaux en 2017.

Oui par exemple le Psytruck. C’est un camion qui sillonne la région Rhône-Alpes et s’installe dans différentes villes pour permettre à des professionnels d'aller à la rencontre du grand public et de le sensibiliser aux maladies mentales. Cette année, le message de sensibilisation portera plus particulièrement sur l'emploi et la santé mentale. Il est sur les routes du 13 au 24 mars 2017.

Ou son nom c’est  "Psycyclette", un rallye vélo au nom de toutes les personnes atteintes de troubles psychiques. Depuis 2014, ces cyclistes traversent la France sur des centaines de km ! La prochaine édition aura lieu du  20 au 27 juin 2017. C’est un principe dans l’air du temps : organiser des évènements très médiatiques pour parler d’un sujet que tout le monde préfère ignorer.

Oui, c’est le nom choisi par les organisateurs de la Mad pride. Ce concept ludique et déjanté est né au Canada dans les années 90, en réponse aux préjugés de la communauté locale envers les populations des milieux psychiatriques. Il s’est répandu dans les grandes villes du monde entier. Le mot "pride" est tiré de l'adjectif anglais "proud" qui signifie "fierté". Ils osent dire "J'assume d'être fou". Une Mad pride s’est tenue pour la première fois en France en 2014. La prochaine aura lieu à Paris le 10 juin 2017.

Source Allo Docteurs