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Étude : Voir le bon côté des maladies mentales

le 14 septembre 2016

[Blog Infosuicide] La plupart des recherches sociologiques sont consacrées aux aspects négatifs des maladies mentales, notamment au problème de la stigmatisation, y compris l’auto-stigmatisation (self-stigma, qualifiée aussi de « stigmatisation interne »), c’est-à-dire les perceptions négatives du sujet sur sa propre affection psychiatrique. Mais des chercheurs des États-Unis évoquent une question rarement traitée, symétrique de la précédente : la possibilité d’ « opinions positives » concernant les maladies mentales.

Même si cette référence constitue bien sûr une vision caricaturale d’une telle tendance à un « incorrigible optim isme », on peut songer ici à la célèbre chanson Always look on the bright side of life (Prenez toujours la vie du bon côté) clôturant le film de Monty Python, La Vie de Brian.

Les opinions positives sur la problématique psychiatrique (positive beliefs about mental illness) ont été évaluées chez 332 patients (dont 52,7 % de femmes) âgés de 18 à 70 ans (âge moyen = 32,44 ans ; déviation-standard = 13,18 ans). Le nombre moyen d’hospitalisations en psychiatrie dans leurs antécédents est de 1,72 (déviation-standard = 0,71). Chez les participants évalués par le MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview), les diagnostics établis reflètent une grande « variété de troubles » (avec un total supérieur à 100 % car plusieurs diagnostics peuvent coexister) : dépression majeure (71,6 % des cas), trouble bipolaire (24 %), troubles de l’humeur avec caractéristiques psychotiques (11,6 %), psychose (7,6 %), trouble panique (36 %), etc.

Positiver, une utilité clinique ?

Les auteurs observent que les croyances sur la maladie mentale « affectent la façon dont les individus peuvent faire face à leurs symptômes », l’idée d’aspects positifs (comme une créativité ou une cognition accrues) pouvant représenter un bénéfice secondaire dans l’adversité, proche du concept philosophique d’amor fati résumé par l’aphorisme de Friedrich Wilhelm Nietzsche, « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort . » Moins fréquente chez les personnes âgées et les femmes, cette tendance à « positiver » sa maladie mentale se révèle plus marquée en cas de troubles bipolaires et tend à augmenter lors du traitement.  L’importance de cette vision positive des choses et ses changements au cours du traitement sont associés à l’évolution clinique, notamment en termes de niveau dépressif et de bien-être. Un renforcement des pensées positives lors du traitement est associé à une réduction de la labilité émotionnelle, seulement chez les patients sans trouble bipolaire.

Source Blog Infosuicide