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Exposition : "Mental désordre" : la folie s'expose à la Cité des sciences

le 22 avril 2016

[Libération] Au parc de La Villette, à Paris, les visiteurs sont enjoints à «changer [leur] regard sur les troubles psychiques», jusqu’au 6 novembre. On dirait une cour de récréation, ils s’amusent comme des petits fous, ils courent d’une casemate à une autre, touchent à tous les boutons. Ce vendredi après-midi, il n’y a que des enfants, certains avec leurs grands-parents, d’autres en groupes de classe, quelques rares visages sont plus sérieux, voire très attentifs. Nous sommes à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, où se tient jusqu’au 6 novembre une exposition «pédagogique» et «interactive» sur la folie.

Avant de s’y rendre, on craignait le titre. Dès que l’on veut «banaliser» voire «déstigmatiser» les maladies mentales, les malentendus arrivent en courant. Là, c’est une bonne surprise. Le but des organisateurs, venus tout droit de la Cité des sciences de Finlande, est clairement affiché : «Loufoque, délirant, déraisonnable ou déséquilibré, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier les comportements atypiques. Mais que sont exactement les maladies psychiques ? Comment les définir ? Quels en sont les symptômes, les conséquences sur la vie de tous les jours ?»

La visite commence par six trous de serrure, par lesquels on peut voir six moments de la prise en charge de la folie. D’abord, une visite au Bethlem Royal Hospital. Au XVIIIe siècle en Angleterre, il était courant, dit-on, d’aller visiter cet asile pour passer le temps. Voici le commentaire d’un visiteur anonyme : «Afin de satisfaire la curiosité d’un ami venant de la campagne, je l’ai accompagné à Bedlam, un endroit qu’autrement je ne visiterais point car la détresse de mes concitoyens m’affecte trop pour que j’admette d’en être le spectateur. Dans une cellule, sur la paille, était assis un pauvre homme scrutant le sol dans un silencieux désespoir. Un roi avec sa couronne de paille disait la loi à ses sujets et un homme parfaitement fou hurlait contre sa femme, l’accusant de l’avoir détruit. De soudaines crises de colère interrompaient la marche silencieuse d’un musicien mélancolique. Le désespoir avait pétrifié une jeune fille en mal d’amour.»

Source Libération