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Initiative : Cette femme apprend aux enfants à riposter contre l'harcèlement scolaire

le 7 septembre 2016

[Rue89] Emmanuelle Piquet, proche de l’école de Palo Alto, a une méthode pour soulager les souffrances de la cour de récréation.

Avant d’avoir des enfants, le documentaire « Récréations » de Claire Simon dans lequel on observe des enfants de maternelle à la récréation fait sourire. Une petite fille devient hystérique parce qu’elle a peur de sauter d’un mini-banc. Un autre se fait pousser, mille fois, derrière une grille (visiblement une prison). Le visionner, quelques années plus tard, avec des enfants scolarisés dans la pièce d’à côté est horrifiant.

Emmanuelle Piquet, 47 ans, fondatrice des centres Chagrin scolaire , s’apprête à aller à une conférence de pré-rentrée dans une école parisienne. Chopée à la gare de Lyon qui est comme sa seconde maison (le siège de sa boîte est à Mâcon), devant un verre de vin rouge, elle sourit gentiment à l’évocation de ce documentaire.

« Vous savez, la maternelle n’est pas le pire. A partir de 9 ans et jusqu’au lycée, la popularité est la seule chose qui compte. J’ai fait cinq conférences de pré-rentrée avec des profs de collège, on est tous d’accord pour dire que les gamins sont chiants et moches et que l’environnement est hyper cruel. »

Un changement de posture

Emmanuelle Piquet a découvert l’école de Palo Alto à 20 ans grâce à un oncle psychiatre. Après une école de commerce et une carrière dans les ressources humaines, elle décide à 36 ans d’y revenir et de se former à cette école qui considère que « tout ce qui est mis en place pour résoudre un problème l’aggrave ».

En 2006, elle s’installe comme thérapeute.

« Les enfants venaient pour une énurésie ou un problème de notes. Très vite, ils me parlaient de la cour de récréation. Quand je leur demandais à quoi ressemblerait leur vie si tel ou tel enfant disparaissait, il me répondait “ça serait nickel”. Je me suis qu’il serait intéressant de modéliser, grâce à Palo Alto, une façon de procéder. »

Depuis, Emmanuelle Piquet aide les enfants victimes de harcèlement à changer de posture (elle appelle ça un « 180° »). Parce que l’enfant manque de recul, de pertinence et de second degré, les thérapeutes de ses centres l’aident à trouver les bonnes « flèches » (réponses verbales) et « parades numériques » qui vont modifier l’énergie qui l’entoure. Entretien.

Source Rue89