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Initiative : La santé mentale nous concerne tous !

le 14 septembre 2017

« Tous fous ? Parler autrement de la santé mentale » est le titre d’une brochure éditée par la Fondation Roi Baudouin, en partenariat avec les Fonds Julie Renson et Reine Fabiola, basée sur une recherche réalisée par l’Institut pour l’Étude des Médias de la KUL. Éducation Santé a rencontré Yves Dario, coordinateur de projet à la Fondation Roi Baudouin, qui nous explique la genèse de ce projet.

Avec cette publication, la Fondation Roi Baudouin veut mettre l’accent sur un sujet qui, complexe et souvent tabou, touche quasi l’ensemble de la société belge. Il s’agit de la communication autour des personnes avec un trouble de la santé mentale.
Les représentations sociales à propos de celles-ci et de leur entourage constituent la pierre angulaire du projet.

Qu’est-ce qu’un trouble psychique ?

Selon le CIM

Classification internationale des maladies selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

 

"> de l’OMS, un trouble psychique est défini comme étant un «... ensemble de symptômes et de comportements cliniquement  dentifiables, associés dans la plupart des cas, à un sentiment de détresse et à une perturbation du fonctionnement personnel »P. SCHULZ, Traitements des troubles psychiatriques selon le DSM-5 et la CIM-10, coll. Psychopharmacologie clinique, Vol 3, De Boeck supérieur, Bruxelles, 2016, p. 41."> . Tandis que pour le DSMManuel diagnostique et statistique des troubles mentaux"> , un trouble psychique peut être défini comme un « syndrome caractérisé par une perturbation cliniquement de la cognition d’un individu, de sa régulation émotionnelle, ou de son comportement, et qui reflète l’existence d’un dysfonctionnement dans les processus psychologiques, biologiques ou développementaux sous-tendant le fonctionnement mental »P. SCHULZ, Traitements des troubles psychiatriques selon le DSM-5 et la CIM-10, coll. Psychopharmacologie clinique, Vol 3, De Boeck supérieur, Bruxelles, 2016, p. 41."> . Dans le cadre de la recherche initiée par la Fondation, le trouble psychique est envisagé de manière très large « comme tous les troubles qui ont trait au psychisme et qui sont suffisamment graves pour entraver la vie de la personne et la limiter dans son autonomie et dans ses activités quotidiennes », souligne Yves Dario .

Identification d’un besoin : communiquer autrement

Le rapport de recherche d’une centaine de pages intitulé « (Se) Représenter autrement les personnes avec des troubles psychiques » montre la nécessité, pour les personnes avec une maladie psychique, que l’on communique différemment à leurs propos. Il s’agit donc de « commencer par analyser la manière dont on communique aujourd’hui sur les troubles psychiques. La méthodologie utilisée pour ce faire est simple : on débute par une analyse de coupures de presse, de reportages de fictions, de reportages d’informations et de toutes les illustrations qui les accompagnent. À partir de là, la KUL dégage les différentes manières dont on représente les personnes avec un trouble psychique. Elle a dégagé ainsi deux types de représentation. D’une part, celles qui mettent des personnes avec un trouble psychique dans une position plutôt problématisante, appellées " frames". D’autre part, les représentations qu’on appelle " counterframes" où le trouble psychique est déproblématisé ».

À quoi sert cette étude ?

L’utilité de cette recherche tient au fait que la manière dont une société parle et envisage les troubles psychiques influe sur l’apparition de ces troubles, sur leur traitement et aussi sur les possibilités de rétablissement des personnes qui en sont atteintes. Détecter la manière dont on construit la communication autour des troubles psychiques revêt donc une importance capitale pour tenter d’éviter, tant que faire se peut, la stigmatisation des personnes avec un trouble psychique, ainsi que leur autostigmatisation.

En finir avec la stigmatisation

Aujourd’hui, notre société est encore assujettie aux images négatives qu’elle se fait des personnes avec une maladie mentale.
Les citoyens, les médias, la publicité, les fictions nourrissent cette stigmatisation. Cela nous concerne tous. Il s’agit de la santé mentale et de la manière dont nous communiquons à ce propos, de la manière dont nous déterminons en partie, par notre langage, la vie des gens, et de la manière dont nous pouvons aussi communiquer autrement, et contribuer ainsi à une meilleure qualité de notre société.
Avec cette recherche, la Fondation propose un outil permettant une analyse de la communication à propos de ce public.
Quand on pense à un trouble psychique, « On imagine plein de choses sur la manière dont la personne est, sur la manière dont la personne vit. Ce sont vraiment ces images, ces étiquettes que l’on colle sur les personnes avec des troubles psychiques qui engendrent une stigmatisation. Par exemple, on va penser que c’est une personne faible et donc que c’est pour cela qu’elle est dépressive. Ou bien que si une personne est schizophrène, elle est monstrueuse et qu’elle risque de perdre le contrôle d’elle-même... » explique Yves Dario.
La recherche et la brochure constituent donc des outils destinés à toutes les personnes s’intéressant à la manière dont on communique avec et à propos des personnes avec un trouble psychique et qui souhaitent développer une communication plus nuancée et moins stigmatisante.

Évitons de caricaturer

Quand on communique à propos d’une personne avec un trouble psychique, on ne doit pas se baser uniquement sur son diagnostic. Sinon, « On ne prend en compte qu’une seule partie de l’image, qu’une seule facette de la personne et ça lui fait mal, à elle d’abord et à son entourage ensuite. Cela aura un effet négatif sur son rétablissement aussi.
Parce qu’elle va se sentir encore plus mal et elle va encore moins croire au fait qu’elle peut passer au travers de cela et qu’elle peut se rétablir malgré le trouble qu’elle ressent. » Le point de départ de cette initiative est de se dire « Arrêtons de représenter les personnes avec un trouble psychique de manière caricaturale, essayons de comprendre comment elles sont représentées et après on verra comment les représenter autrement en utilisant les multiples facettes  de leur personnalité ».

Source Educationsante.be