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Initiative : Sciences Po instaure la "pédagogie du handicap"

le 22 janvier 2018

« Pour aider nos étudiants handicapés, nous voulons passer d’une stratégie de « compensation » à des méthodes pédagogiques qui conviennent à tous nos étudiants », explique la responsable handicap de Sciences Po, Elsa Geroult à l’occasion de la signature d’une convention avec l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) et le FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique).

Un travail de recherche

Quand il s’agit d’aider les étudiants souffrant d’handicaps visibles comme invisibles (autisme, troubles « dys », troubles psychiques), les mesures de compensation se situent essentiellement aujourd’hui en périphérie de la salle de cours (attribution de tiers temps, compensations humaines ou techniques…) mais encore peu de réponses concernent les modalités de transmission et d’évaluation des savoirs. « Depuis 2016 et à partir d’expérimentations menées par d’autres universités, notamment canadiennes, Sciences Po a développé des méthodologies exploitables en interne comme en dehors de ses murs », explique le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion.

En tout 249 étudiants de Sciences Po – huit fois plus qu’il y a 10 ans – souffrent aujourd’hui d’une forme ou d’une autre de handicap. Certains peuvent avoir passé les épreuves en profitant de conditions particulières mais ne plus vouloir en parler ensuite. Au risque de ne pas pouvoir bien suivre des cours pas adaptés. La démarche leur revient en effet totalement sans que l’institution qui les reçoit puisse l’exiger. D’après les premières évaluations menées en 2017 à Sciences Po dans plus de 95% des cas rencontrés, la phase de décrochage est en lien avec une situation de handicap invisible. « Prenons l’exemple du professeur qui demande de « tracer la frontière » entre les PIB de la France et de la Suisse dans un diagramme, donc une courbe, ce sera impossible pour un autiste qui ne peut pas imaginer qu’une frontière ne soit pas droite. Alors qu’en parlant de courbe il réussira parfaitement l’exercice », assure Elsa Geroult.

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