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Initiative : Un centre pour traiter les traumatismes psychiques ouvre à Bordeaux

le 25 novembre 2016

[20 minutes] Crise migratoire, attentats, accidents de la route : Le centre d'accueil spécialisé dans le repérage et le traitement des traumatismes psychiques (Caspertt) a ouvert début juin sur le site des Gravières à Lormont...

Pour aider les victimes d’événements exceptionnels comme les attentats, les catastrophes, les agressions ou les accidents de la route, un centre dédié aux traitements des psycho traumatismes a été ouvert au mois de juin 2016 sur le site des Gravières de l’hôpital de Cadillac, à Lormont.

« Il répond à un besoin et il utilise des méthodes scientifiquement prouvées », souligne Raphaël Bouchard, directeur du centre hospitalier de Cadillac ce mardi lors de l’inauguration officielle de la structure.

« L’idée remonte à une bonne dizaine d’années », confie Alexandre Régis, psychiatre au sein de Caspertt et médecin chef de pôle, expliquant que lors de leurs consultations lui et sa collègue Samantha Al Joboory étaient régulièrement confrontés à des conséquences des psycho traumatismes, et « au niveau qualitatif nous n’étions pas très spécialisés à cet égard ».

Une population très fragile

Les personnes traumatisées peuvent connaître des reviviscences (cauchemars flash-back), être dans une stratégie d’évitement de toute situation jugée à risque, ou encore subir des altérations cognitives et émotionnelles persistantes. Cette population présente « des risques accrus de développer des épisodes dépressifs, anxieux, et le risque suicidaire est aussi très élevé », précise Samantha Al Joboory, psychiatre et médecin responsable du Caspertt.

Une étude baptisée IMPACTS et lancée par l’agence régionale de santé (ARS) et l’institut de veille sanitaire (InVS) après les attentats perpétrés à Charlie Hebdo a montré que quatre personnes sur dix présentent au moins un trouble de santé mentale, six mois après les événements. « Les personnes ayant bénéficié d’une prise en charge précoce ont eu deux fois moins de troubles à six mois que les autres », note l’équipe Caspertt, composée de psychiatres et de psychologues. Des données qui l’ont poussé à s’orienter vers une intervention précoce, au plus près de l’épisode traumatique.

Des méthodes validées par la haute autorité de santé

Les méthodes de traitements proposées par l’équipe du centre sont la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) qui vise à induire un comportement plus adapté chez le patient, l’EMDR, « qui utilise la stimulation sensorielle des deux côtés du corps, soit par le mouvement des yeux soit par des stimuli auditifs ou cutanés, pour induire une résolution rapide des symptômes liés à des événements du passé » et l’hypnose. Des modalités de soins en accord avec les dernières recommandations de la Haute Autorité de Santé, de l’OMS et de l’Inserm sur la prise en charge de l’état de stress post-traumatique. « C’est rentable en termes de santé publique de s’intéresser à ça, c’est une évidence », lance le psychiatre Alexandre Régis, pour montrer la pertinence du projet.

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