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Outil : Schizophrénie, conduite automobile et réalité virtuelle

le 8 mars 2017

[Santé Mentale] Une équipe soignante du CH Le Vinatier propose un programme de réhabilitation psychosociale basé sur la réalité virtuelle et la conduite automobile.

Conduire est un facteur d’insertion et d’autonomie courante qui reste difficilement accessible à certaines personnes souffrant de schizophrénie. Même lorsqu’elles sont stabilisées du point de vue symptomatique et accompagnées dans le traitement de leurs déficits cognitifs et fonctionnels, elles rencontrent en effet de réelles difficultés : la formation à la conduite automobile n’est en effet pas adaptée à leur handicap et reste trop longue et coûteuse, compte tenu de leurs revenus modestes. Ces patients sont donc trop souvent dépendants de leur entourage pour leurs déplacements quotidiens. À terme, ce problème peut accentuer leur isolement social, leur manque de confiance en eux, et aggraver leurs déficits cognitifs et fonctionnels, oblitérant largement leur chance de rétablissement.

Face à ce constat, l’équipe du Centre de jour Paul-Cézanne a élaboré un programme de réhabilitation psychosociale associé à l’utilisation d’un simulateur de conduite automobile virtuelle (identique à ceux des auto-écoles). Il vise à permettre au patient de mieux élaborer un projet de formation en auto-école grâce à un support ludique et écologique qui stimule les fonctions neurocognitives. L’originalité de cette démarche réside dans la création à terme d’un modèle de soin standardisé dans le cadre du rôle propre infirmier. Des séances de soin seraient alors proposées au patient (détenteur ou non du permis) :

– soit en individuel et à sa demande, dans le cadre d’un projet d’obtention du permis de conduire ou compte tenu de difficultés spécifiques liées à la conduite automobile,
– soit dans le cadre d’un programme plus large d’éducation thérapeutique (compréhension de la pathologie, rôle et observance du traitement, prévention de la consommation de produits stupéfiants…).

L’utilisation d’un simulateur de conduite virtuelle sera évaluée en tant qu’outil de remédiation cognitive et de médiation thérapeutique permettant d’aborder l’éducation à la santé, la prévention routière et la réinsertion. Ce projet devrait être déposé prochainement au titre du Programme hospitalier de recherche infirmière et paramédicale (PHRIP).

Source Santé Mentale