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Prévention : Un nouveau dispositif d’accompagnement psychologique pour les patrons d'Eure-et-Loir

le 17 janvier 2017

[L'Echo Républicain] Le tribunal de commerce de Chartres est le onzième de France a se doter du dispositif Apesa, pour accompagner les chefs d’entreprise en situation de souffrance aiguë.

Burn out. Surmenage. Épuisement professionnel. Dépression. C'est une triste réalité, le monde de l'entreprise n'épargne pas la santé mentale de ses patrons. Face à la crise, l'ultime solution envisagée par les entrepreneurs est parfois le suicide. Pour prévenir ce geste, le tribunal de commerce de Chartres a acté, le vendredi 6 janvier, la création de l'Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë en Eure-et-Loir, Apesa 28, dans le sillage d'Apesa France. C'est le onzième tribunal de commerce de France à mettre en place ce dispositif de soutien.

« Les sentinelles sont des acteurs en relation avec les chefs d'entreprise. »

La mission de l'Apesa 28 : détecter les chefs d'entreprise en difficulté et leur proposer un soutien psychologique, grâce à un réseau de sentinelles. Alain Huron, président du tribunal de commerce de Chartres et président de l'Apesa 28, explique : « Les sentinelles sont des acteurs en relation avec les chefs d'entreprise : banquiers, experts-comptables, juges du tribunal de commerce, avocats. Lorsqu'ils repèrent des signes de souffrance aiguë, leur rôle en tant que sentinelles est de rédiger une fiche d'alerte, avec le consentement du chef d'entreprise. » Difficile pour l'heure d'évaluer combien de sentinelles veilleront sur les chefs d'entreprise euréliens.

« Jusqu'à cinq séances chez un psychologue, prises en charge par le dispositif. »

Une fois l'alerte donnée, la fiche sera envoyée à une structure nationale, Ressources Mutuelles Assistance (RMA). À partir de là, les lanceurs d'alerte ne sauront plus rien de la poursuite de la procédure. Dans les vingt-quatre heures, RMA contactera le chef d'entreprise pour un entretien téléphonique d'analyse, avant de le rediriger vers un psychologue de son département. Alain Huron précise : « Le chef d'entreprise qui accepte d'être accompagné aura droit jusqu'à cinq séances chez un psychologue, prises en charge par le dispositif. » Apesa 28 sera étendu à la famille des chefs d'entreprise.

La prise en charge d'un entrepreneur en situation de souffrance aiguë coûtera 350 € à l'Apesa 28. Le dispositif départemental est chargé de la collecte de ses fonds, grâce aux cotisations de ses adhérents. Apesa France assure la formation des sentinelles. Car le plus difficile pour ceux qui côtoient les entrepreneurs, c'est bien la détection des situations de mal-être, avant qu'il ne soit trop tard. Les plus touchés par la souffrance aiguë sont les patrons de petites entreprises. Échec de l'entreprise et honneur du patron sont souvent liés.

« Ce mal-être obéit souvent à la règle des trois D : dépôt de bilan, déprime, divorce. »

Jean-Paul Sureau, vice-président de l'Apesa 28, exerce depuis dix-sept ans au tribunal de commerce de Chartres. Il constate que la souffrance des patrons prend plusieurs formes : « Ce mal-être obéit souvent à la règle des trois D : dépôt de bilan, déprime, divorce. Je rencontre des chefs d'entreprise, au tribunal de commerce, auxquels je dis qu'il n'y a pas que l'entreprise dans la vie, il y a aussi leur famille. Quand je leur parle du suicide, certains reconnaissent que oui, ils y ont pensé. »

L'Apesa 28 ne s'est pas fixé d'objectif pour l'année 2017. De son côté, l'Apesa France estime qu'une quarantaine de cas pourraient être traités dans chaque département, en moyenne. Pour Alain Huron et Jean-Paul Sureau, l'objectif est de faire connaître le dispositif. « Si on peut sauver au moins une vie, c'est le principal. »

Source L'Echo Républicain