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Application : Un prototype pour prévenir le risque de récidive suicidaire

le 5 février 2018

Jérôme Azé, de l'IUT de Béziers, travaille sur l'application “Emma” pour détecter et prévenir le risque de récidive suicidaire.

"Le suicide est un véritable fléau de société",  rappelle Jérôme Azé, directeur du département MMI à l'IUT de Béziers, enseignant-chercheur au Laboratoire d'informatique, robotique, microélectronique de Montpellier (LIRMM), dans l'équipe Advanse. Celle-ci travaille, depuis 2014, sur la problématique de la fouille de données appliquées à la santé. Plus exactement sur la thématique du risque de récidive de suicide. Une application, appelée Emma (pour Ecological momentary mental assessent), va voir le jour et a pour mission de permettre à une victime de suicide non abouti d'éviter la récidive.

En collaboration avec le CHU de Montpellier

"Tout a commencé le jour où une entreprise spécialisée dans les applications de réseaux fermés, confrontée à deux suicides et cherchant des solutions de prévention, a contacté notre équipe. C'est à ce moment-là que nous avons décidé de travailler sur le sujet. Pour cela, nous nous sommes rapprochés du CHU de Montpellier, qui dispose d'un service d'urgences psychiatriques pour adultes. Depuis, nous travaillons ensemble, sous l'égide du professeur Philippe Courtet", raconte l'enseignant-chercheur. Le médecin obtient une chaire d'excellence (enveloppe financière) en 2015 qui va permettre de démarrer le travail de collaboration. "Nous sommes partis de l'idée : peut-on prévenir, détecter, le risque de récidive de suicide à partir des traces laissées sur les réseaux, Facebook, Twitter, Instagram... ? À ce jour, certaines personnes tentant de se suicider, s'en sortent, vont aux urgences, sont prises en charge, et repartent, avec très peu de suivi. Nous avons donc décidé de construire une application mobile, que nous avons appelée 'Emma', pour permettre à ces personnes de s'automonitorer lorsqu'elles se retrouvent chez elles". Un premier prototype voit le jour en avril 2017. Testé par six patients de l'hôpital de Montpellier pendant deux mois, il donne de très bons espoirs à l'équipe Advanse. Tous les jours, ils doivent répondre à des questions. "Avez-vous mangé" ? "Dormi" ? "Avez-vous des problèmes au travail" ? "Lesquels" ? etc... Ces données sont stockées au LIRMM. Puis traitées par l'algorithme créé. Qui peut, en cas de problème, de risque, alerter le patient, puis le conseiller. 

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