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Article : Des patients indispensables aux "living labs", ces plates-formes d’innovation ouverte

le 4 septembre 2017

Et si l’innovation en santé se faisait non seulement pour les patients mais… avec les patients ? Traditionnellement, ce sont les professionnels de santé qui partent en quête de nouvelles solutions. Ils mènent des travaux de recherche fondamentale et de recherche clinique au sein des centres hospitaliers universitaires (CHU), de centres de recherche publics comme l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ou des grands groupes des industries pharmaceutiques et de matériel médical (fauteuils roulants, lits médicalisés). 

Ces recherches peuvent aboutir à la description d’une nouvelle maladie, à la découverte d’un traitement ou à l’amélioration de la prise en charge des patients.
Mais ce modèle trouve aujourd’hui ses limites.Trois facteurs, au moins, plaident pour son renouvellement.
Tout d’abord, ce qui est proposé par le monde de la recherche et de l’innovation est souvent déconnecté des besoins réels des usagers. C’est le constat dressé par Claude Dumas, responsable du Centre de ressources et d’innovation mobilité handicap (Ceremh), dans le livre blanc des open labs publié en 2016 par l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT) et Paris School of Business (PSB). Les entreprises qui produisent des biens pour la mobilité des personnes souffrant de handicap sont peu nombreuses en France, et leurs produits ne répondent pas à la demande d’amélioration du confort de vie réclamée aujourd’hui par ces personnes, indique-t-il en substance.

La connaissance médicale n’est plus l’apanage des médecins
 dédiés à la santé, dans lesquels des personnes atteintes d’une pathologie échangent entre elles des expériences ou des remèdes. La connaissance médicale n’est plus l’apanage des médecins ; il existe un savoir complémentaire, issu de l’expérience, détenu par les malades.
Le patient veut jouer un rôle plus actif dans sa prise en charge. Il connaît sa maladie – ou son handicap – mieux que personne, puisqu’il vit avec elle au quotidien. Il peut ainsi participer à l’amélioration de la connaissance sur son affection, ou identifier les besoins qui n’ont pas encore de réponse industrielle ou médicale. Il peut même co-créer, avec les industriels et les médecins, les solutions médicales qui lui sont destinées. Il est d’ailleurs déjà sollicité pour effectuer des recueils de données dans le cadre de la télémédecine.
L’innovation en santé, enfin, se voit bouleversée comme dans d’autres secteurs par la technologie et le numérique. En témoignent les avancées telles que la robotique chirurgicale, l’imagerie interventionnelle guidant sous contrôle radiologique des gestes médicaux, la rétine artificielle ou la prothèse connectée. L’avenir de la médecine réside vraisemblablement dans l’exploitation des mégadonnées numériques, les big data , des objets connectés, de l’intelligence artificielle, de la nanomédecine, ou encore de la réalité augmentée, c’est-à-dire la superposition de la réalité avec des éléments virtuels sonores, visuels ou tactiles.
Toutes ces innovations font appel à une variété plus grande de connaissances et d’acteurs que par le passé. Il n’est pas rare que des personnes issues de la société civile créent elles-mêmes l’aide technique médicale qui leur fait défaut, comme cet étudiant qui a développé un bracelet à puce contenant tout le dossier médical de son porteur. Des startuppers participent aussi grandement à stimuler la créativité dans le domaine de la santé.

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